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    Paris Match Belgique · 20 mai 2003 · Élodie Weymeels (texte) · Denis Lecuyer (photo)

    Au rendez-vous des voisins

    Article publié sur 3 planches - lecture dans l'ordre numéroté ci-dessous.

    Planche 1 / 3 - ouverture « Au rendez-vous des voisins ». Paris Match Belgique, 20 mai 2003. Photo Denis Lecuyer.
    Planche 2 / 3 - page 6, début de l'interview « MatchÉvénementBelgique ». La suite se lit sur la planche 3, à droite.
    Planche 3 / 3 - page 8, suite et fin de l'interview « MatchQuick », avec l'affiche Immeubles en fête / Feest in het gebouw.

    Interview de Carl De Moncharline dans Paris Match Belgique, à l'occasion de la première édition bruxelloise d'Immeubles en fête / La Fête des Voisins, le mardi 27 mai 2003. L'article paraît sur trois planches : l'ouverture photo « Au rendez-vous des voisins », puis l'entretien pages 6 et 8. Le texte intégral est transcrit verbatim ci-dessous.

    Texte de l'article

    MatchÉvénementBelgique AU RENDEZ-VOUS DES VOISINS Et si mardi 27 mai, tous les voisins se tenaient par la main ? Ou du moins tenaient un verre, ensemble, de manière conviviale ? « Immeubles en fête » c'est une journée pour faire un geste, rompre les habitudes. Organisée à Paris en 1999, cette initiative a fait des émules en Europe. Carl de Moncharline, 34 ans, lanceur de tendances, organisateur à tout crin et se décrivant lui même comme « un citoyen engagé pour sa ville » l'a adaptée à Bruxelles. PHOTO DENIS LECUYER Légende de la photo : Autour de Carl de Moncharline, des voisins de notre photographe, Denis Lécuyer, Jean Vandevelde (en noir), Philippe Mertens et son chien Troll, Jacqueline Deceuninck et son canari Verdi, Claudine Beauvant et Mathilde Lecuyer. CARL DE MONCHARLINE « J'aime bien vivre pleinement et ne pas me limiter à une tranche horaire. On peut vivre la nuit et le jour ! » Légende de la photo : A 34 ans, Carl de Moncharline se décrit lui-même comme un « entertainer ». Il a déjà à son actif un bon nombre d'initiatives populaires dans la capitale. D'où est venue l'idée d'« Immeubles en fête » ? C'est une initiative venant de Paris mais qui se produit maintenant dans une vingtaine de villes européennes comme Athènes, Londres, Oslo… L'idée est née d'un fait divers. En 1999, une vieille dame a été retrouvée morte dans son appartement après plus de trois semaines : personne dans son immeuble n'avait remarqué son absence et elle n'avait pas de famille. Atanase Périfan, un Parisien s'est alors lancé dans l'organisation de « Paris d'amis » pour lutter contre l'isolement et l'exclusion, en incitant les voisins à se rencontrer. Quand j'ai entendu parler de ça à ses débuts, j'ai voulu l'organiser dans tout Bruxelles. Il y a bien des associations de quartier qui organisent des repas, des rencontres, des voisins qui mettent en place une solidarité entre eux mais il y a beaucoup d'endroits où rien n'existe. Donc, créer une action symbolique autour de cette date, c'était instaurer un état d'esprit. Et c'est ça qui m'intéresse, les états d'esprit. Pensez-vous que beaucoup de monde participera ? Je n'en sais rien ! Un site internet (www.immeublesenfete.be) a été créé et on m'envoie des mails pour me dire que c'est une chouette idée et m'expliquer les initiatives prévues mais chacun est libre évidemment. Ceux qui n'ont pas participé pourront participer la prochaine fois après avoir vu ce que cela donne… C'est toujours intéressant de lancer une opération comme celle-là à l'échelle d'une ville pour voir ce que cela donne. L'année prochaine, on verra ! Qu'espérez-vous avec « Immeubles en fête » ? Moi ? Mais rien ! J'espère juste que les gens vont pouvoir s'amuser entre eux avec leurs voisins. Quelle éducation avez-vous eu ? J'ai commencé ma vie en communauté où mes parents vivaient avec des artistes… Mon père est sculpteur, ma mère est peintre et j'ai l'impression d'être né avec une étiquette « Non au nucléaire » collée dans la nuque ! J'ai été très conscientisé par mon éducation à une série de problèmes urbains. Je suis très proche de mes parents, je les remercie vraiment pour ce qu'ils m'ont appris, cette façon d'appréhender la vie. Je leur rends un hommage solennel d'ailleurs en m'appelant « de Moncharline », « Mon », c'est le prénom de mon père, « Charline » celui de ma mère ! (N.d.l.r. Son nom est Derijk). Sinon, je n'ai pas fait d'études, j'ai tout raté, j'étais un turbulent chassé de partout alors j'ai tout arrêté à 18 ans, j'ai économisé 300 000 francs de mes différents jobs pour organiser une campagne à Bruxelles contre la pollution urbaine parce qu'il n'y avait pas de poubelles dans les rues à l'époque. Cela a été ma première opération. Et votre engagement politique en découle… Quand on vit en société, il ne faut pas se dire que tout va arriver tout seul. Moi je n'ai pas eu envie de me renfermer en râlant et en ne faisant rien, j'ai voulu me battre. Bien sûr, c'est aussi une question de force intérieure, et ça mes parents me l'on donné, m'ont appris à la créer. Mais je ne me sens pas homme politique, je suis un citoyen. Je me suis rapproché du PS parce que je suis pour la diversité : on s'enrichit de la différence des autres. Parce que je n'étais pas d'accord avec François-Xavier de Donnéa, je me suis occupé de la stratégie du PS pour la ville. Avec Freddy Thielemans, on a l'exemple d'un bourgmestre, ouvert, qui comprend les Bruxellois. Vous êtes aussi un personnage de la nuit… J'ai très tôt travaillé dans une agence de publicité aux débuts de la publicité événementielle… ce qui m'a amené à devenir directeur artistique du Mirano pour ses soirées : j'y ai créé une série d'événements et cela a fabuleusement bien marché. J'ai commencé à produire mes propres soirées, je suis même allé pendant deux ans à Paris, aux Folies Pigalle, au Bataclan, aux Bains, au Palace… On m'appelait là-bas le « Spielberg de la nuit » à cause des effets spéciaux ! En revenant à Bruxelles, je me suis débrouillé pour racheter un vieux théâtre, qui est devenu le Who's Who's, hélas, le lieu a été l'objet de la hargne du maïorat de l'époque et il a dû fermer… J'aime bien en fait vivre pleinement et ne pas me limiter à une tranche horaire : quand on est jeune, on peut vivre la nuit et le jour ! J'ai toujours eu envie de croquer dans toutes les pommes. Et j'aime énormément travailler, je le fais aussi bien le jour que la nuit… Encore maintenant, je me lève à 7 heures, je me couche vers 2 heures du matin et entre-temps, je travaille : je n'ai pas de loisirs, je pars rarement en vacances… Ça me plaît ! Vous êtes prolixe en matière d'idées… Disons, que j'aime bien concrétiser ce que je sens. Il y a des trucs à faire pour que cela change, alors j'essaye de les mettre en œuvre. Il ne faut pas oublier que ce que je fais depuis le début, je le fais pour les gens, pour que ça leur procure du plaisir. Je suis dans l'entertainment ! Ces événements, je les fais pour les partager avec les autres, et non pour avoir un mandat ou pour être élu… J'ai des idées de modèle de société, ça oui, et j'ai décidé de les défendre en politique ! Je suis engagé pour ma ville, oui. La Brussels Roller Parade va revenir cet été, en prenant de l'ampleur. Ce sera toujours gratuit, il y aura toujours des cadeaux, de la sécurité de la convivialité ! Cette année, elle se passera le lundi à Hasselt, le mardi à Namur, le mercredi Gand, jeudi à Liège, Vendredi à Bruxelles, Samedi midi et dimanche midi au Bois de la Cambre, s'organise à nouveau une grande école du roller gratuite, le samedi soir, on patine à Mons. Et, en deux occasions, le 20 juillet et le 24 août à Coxyde. Ce sera tous les jours pendant 60 jours ! Quels sont vos prochains projets ? Mes prochaines idées, je ne peux pas le dire encore… Allez, c'est dans le domaine de l'art avec des artistes bruxellois… Ca va être super. C'est quelque chose que mes parents ont fait dans les années 70 et que je veux refaire. J'avais trois ans à l'époque et cela m'a laissé un souvenir impérissable… Encadré : Pourquoi le mardi 27 mai ? « On a pu remarquer que le mardi était le jour où les gens sont le plus chez eux. Le lundi, le cinéma n'est pas cher donc les gens sortent plus, le mercredi, la semaine des noceurs recommencent avec l'apothéose le samedi. Et le dimanche, tout le monde est en jet-lag à rester à la maison sous la couette. Le mardi est un jour « creux », explique Carl de Moncharline. Visuel de l'affiche : Une initiative de / Een initiatief van Carl de Moncharline - Immeubles en fête, La fête des voisins / Feest in het gebouw, Het feest van de buren - Mardi 27 mai 2003 - Dinsdag 27 mei 2003 - « Et si j'invitais mes voisins à prendre un verre ! » / « En als ik mijn buren uitnodigde voor een glaasje ! » - Dans le cadre de la Journée européenne des voisins / In het kader van de Europese dag van de buren - www.immeublesenfete.be - www.feestinhetgebouw.be PAR ELODIE WEYMEELS

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