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    De Morgen · 23 mai 2003 · Barbara Debusschere (texte) · Michel Wiegandt (photo)

    Les voisins bruxellois font la fête contre l'anonymat dans la ville

    De Morgen, 23 mai 2003. Légende imprimée : « L'organisateur Carl De Moncharline (deuxième à partir de la droite) : “Les gens ont parfois besoin d'un petit coup de pouce.” » (Photo Michel Wiegandt.)

    De Morgen, vendredi 23 mai 2003, page 11 (rubrique « actie! (8) ») - portrait de l'opération « Feest in het gebouw » lancée à Bruxelles par Carl De Moncharline pour le 27 mai 2003.

    Texte de l'article · traduction

    actie! (8) LES VOISINS BRUXELLOIS FONT LA FÊTE CONTRE L'ANONYMAT DANS LA VILLE BARBARA DEBUSSCHERE Mardi prochain, il n'y aura pas à Bruxelles des fêtes de quartier mais des fêtes de voisins, sous l'intitulé « Feest in het gebouw ». « Dans la grande ville, les voisins se connaissent à peine. Chacun vit sa vie et les gens deviennent de plus en plus distants », dit l'organisateur Carl De Moncharline. Avec son projet, il veut donner aux gens « une raison de se rencontrer vraiment ». Via 100.000 cartes boomerang, des affiches et un site web, et grâce au soutien de la Ville et de sponsors, De Moncharline a appelé le plus grand nombre possible de Bruxellois à retirer leurs œillères le 27 mai et à mieux connaître leurs voisins autour d'une fête. Une réussite parisienne est ainsi introduite dans la capitale. De Moncharline : « Cette réussite n'a pourtant pas commencé de façon très joyeuse. En 1999, une vieille dame est morte dans un immeuble parisien et n'a été retrouvée qu'au bout de trois mois. Les voisins ne se connaissaient pas et personne n'avait donc remarqué son absence. Depuis, un des habitants organise chaque année, le 27 mai, des fêtes de voisins. Toute la ville est invitée à faire la fête avec ses voisins. » En France, des voisins de 126 villes participent déjà à l'initiative, et dans des villes comme Oslo et Athènes on lèvera aussi son verre à ses voisins la semaine prochaine. « Bruxelles devait cette fois en être », estime De Moncharline. C'est lui aussi qui a amené de Paris à Bruxelles les rollerparades, extrêmement populaires. « Ce genre d'initiatives est certainement nécessaire, en plus des fêtes de quartier, des bals populaires ou d'autres événements organisés par la ville ou le quartier. Pour « Feest in het gebouw », la balle est dans le camp des gens eux-mêmes. Cet événement terrible à Paris est le symbole de ce qui se passe dans toutes les grandes villes. Je ne dis pas qu'il n'y a nulle part de contact entre voisins, je connais même des voisins qui ont fini par se marier, mais globalement on voit que nous vivons une période paradoxale. Grâce au multimédia, il est devenu plus facile de communiquer d'un continent à l'autre que d'échanger un mot avec ses voisins. Cette dynamique a souvent disparu et l'habitant pressé de la grande ville préfère souvent le contact virtuel au contact réel avec ses voisins. Je pense même que, dans leur rue ou leur immeuble du moins, les gens en deviennent effectivement plus timides. Après le travail, chacun se retire, et le lendemain il n'y a de nouveau pas le temps, ni parfois l'audace, pour plus qu'un rapide hochement de tête dans le couloir », dit De Moncharline. En organisant une action précise à une date précise, on incite selon De Moncharline au mieux les gens à se rendre les uns chez les autres. « Beaucoup de gens savent qu'ils s'enferment de plus en plus dans l'anonymat et que ce n'est pas bon, mais il faut généralement un petit coup de pouce pour y faire quelque chose ensemble et effectivement. Avec « Feest in het gebouw », je veux donner une sorte de piqûre de vitamines à la solidarité entre voisins », dit De Moncharline. « C'est pensé comme une piqûre de vitamines pour la solidarité entre les gens » Les réactions positives et très nombreuses montrent déjà que le succès français prendra probablement aussi ici. « Au moins 5.000 personnes participent, et je ne parle que des réactions par e-mail », dit De Moncharline. À Ixelles, une rue entière sera notamment fermée et les habitants passeront à table, chacun avec son numéro de maison épinglé ; à Boitsfort, des barbecues sont organisés sous les portes de garage, et beaucoup de Bruxellois honoreront simplement l'idée d'origine en invitant leurs voisins chez eux. L'an prochain, De Moncharline espère pouvoir organiser l'action au niveau national. (BDB) Info : www.feestinhetgebouw.be

    Note de contexte

    Le scan porte la date imprimée du vendredi 23 mai 2003 ; il a été transmis dans le lot daté du 25 mai. La date retenue ici est celle du journal.

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