La Tribune de Bruxelles · May 22, 2003 · Annabella Nezri (text) · D. Bauweraerts (photo)
Portrait of Carl De Moncharline as a cultural designer: his beginnings as an engaged citizen, the Who's Who's Follies at the Mirano Continental, the creation of the Who's Who's Land, the Roller Parade, then the first Brussels edition of Immeubles en fête on 27 May 2003.
Article text · translation
IMMEUBLES EN FÊTE
Carl de Moncharline, concepteur culturel
A moins de rester cloîtré chez soi, impossible de passer à côté de tous les projets de Carl de Moncharline. Les Who's Who's folies, la roller-parade, l'entrée des clubbings au profit du Télévie, c'est lui. Immeubles en fête, c'est toujours lui ! Et la liste est longue… « Le p'tit ket qui fait bouger Bruxelles » est partout, et c'est tant mieux !
ANNABELLA NEZRI
Né à Ixelles d'un père sculpteur, Mon De Rijck, et d'une mère peintre, Charline Mahy, Carl De Rijck choisit son pseudo à 18 ans en hommage à ses parents. C'est à cet âge qu'il prendra un de ses premiers engagements de citoyen en dépensant toutes ses économies dans une campagne contre la pollution à l'aide d'autocollants prônant l'installation de poubelles aux arrêts de bus.
S'ensuit alors une carrière de directeur artistique dans le milieu du cinéma d'abord, puis dans l'emblématique discothèque le Mirano avec les soirées Who's Who's folies, célèbres jusqu'au-delà de nos frontières et qui se concrétiseront par la création d'une discothèque « Le Who's Who's land » avec ses associés Serge Vanderheyden et Martin Peeters.
LA CAPITALE EN VIBRATION
« J'ai toujours accordé une grande importance au concept de clubbing. J'essaie d'être un maximum créatif sur les segments en émergence. Pour cela, il est fondamental de pouvoir défendre ses idées. » Carl de Moncharline tente alors d'allier son enthousiasme imaginatif à une réelle action politique et se présente aux élections communales de 2000 à Bruxelles, non sans avoir l'intention de contrer la politique culturelle gelée de de Donnea, qui a d'ailleurs en grande partie contribué à la fermeture de la discothèque assidument fréquentée par la jeunesse bruxelloise. Carl devient alors « l'applicateur d'idées » de son surnom, qui n'hésite pas à pousser sa créativité afin de faire vibrer la capitale. « J'ai organisé la première roller-parade en réaction aux procès-verbaux qui étaient dressés aux skaters du Mont-des-Arts. Idem pour la Gay Pride dont le parcours était fixé dans des quartiers peu fréquentés. Le fait de ne pas avoir été élu ne m'a nullement empêché d'être actif. Tout ce que j'ai proposé dans le programme est d'ailleurs en train de se réaliser… »
BELLE BRUXELLES
« Les utopies d'aujourd'hui sont les réalités de demain » est le leitmotiv de Carl de Moncharline. Et jusqu'à preuve du contraire, celui-ci semble trouver bonne application dans ses mains plasticiennes. Pour preuve, ce projet fou d'implosion publique de la Tour Lotto, symbole de la bruxellisation. Ou encore ce rêve de redonner à Bruxelles son identité d'eau en recréant ses marais avec la faune et la flore qui ornaient la ville à l'époque, et pouvoir ainsi remettre en scène un port fictif avec ses arrivages de poissons à la place Sainte-Catherine. « Un de mes plus grands plaisirs est d'aller à l'hôtel de ville contempler les tableaux de l'ancienne Bruxelles avec ses canaux… » confesse-t-il.
DES LIEUX OÙ L'ON SE SENT BIEN
« Je fréquente tous les endroits à Bruxelles où les gens qui y vont se sentent bien. Je n'ai pas d'a priori et je vais aussi bien prendre mon petit-déjeuner au Skieven architek, proche de la réalité des gens, qu'aux Larmes du tigre pour une cuisine thaï raffinée, ou manger une bonne pizza au Vini e Cucina. J'aime beaucoup le Belga car ce sont des personnes comme Nicolaï (créateur du Zebra, Tavernier, Roi des Belges… NdlR) qui permettent de redynamiser la structure du café, emblématique dans toutes les grandes villes. » Amoureux de sa cité, Carl en aime aussi les habitants : « J'aime le Bruxellois car il est simple, accessible, apprécie la fête et a un esprit second degré. Bruxelles est représentative de la convivialité de son peuple et de sa mixité. D'autres villes comme Paris ou Londres le sont beaucoup moins. Bruxelles est dynamique, vivante et métissée, et c'est ce qui fait son charme. »
PAS POUR L'INDIFFÉRENCE
Carl de Moncharline est à l'initiative du projet Immeubles en fête qui se déroulera le 27 mai prochain, et dont le concept est : « Si j'invitais mes voisins à prendre un verre ? »
Né à Paris en 1999, l'événement rassemble déjà plus de deux millions de participants en France. Il permet au citoyen de se sentir véritablement acteur dans son quartier, et donc par extension dans sa ville. La participation est simple et accessible à tous. Il vous suffit de vous regrouper autour d'un apéro avec vos voisins dans la cour de l'immeuble, le jardin de votre maison ou votre appartement. Un maximum d'animations sont prévues dans les divers quartiers de l'agglomération et seules votre bonne humeur et votre convivialité sont conviées !
Son slogan « Pas de quartier pour l'indifférence » est un principe visant au renforcement des liens de proximité du quartier et de la solidarité entre voisins. « C'est dans la diversité qu'on apprend. Je n'aime pas l'idée d'une société où tout le monde est pareil car on n'apprend rien de quelqu'un qui est comme soi, nous confie Carl de Moncharline. Immeubles en fête est avant tout un état d'esprit, une autre manière de vivre sa ville. C'est se sentir concerné par son environnement, être attentif aux autres, devenir acteur de son quartier. »
L'APÉRO DU MARDI 27
Quand ? Le mardi 27 mai de 19 h à 22 h.
Comment participer ? Invitez vos voisins à prendre un verre. Pour ce faire, mettez une affiche (disponible dans « La Dernière Heure », « La Libre Belgique » et « La Tribune de Bruxelles ») dans le hall de votre immeuble en indiquant votre nom, l'heure et le lieu de l'apéritif. Glissez aussi des cartes postales (disponibles dans tout le réseau Boomerang) sous la porte de votre voisin.
Sur Internet ? http://www.immeublesenfete.be/
Plus d'infos ? carldemoncharline@skynet.be
Context note
Portrait published in La Tribune de Bruxelles, page 9, edition of 22 to 27 May 2003, 'Immeubles en fête' section. Text by Annabella Nezri, photo D. Bauweraerts. The article traces Carl De Moncharline's path, from the anti-pollution campaign he ran at 18 to the Who's Who's Follies at the Mirano Continental and the creation of the Who's Who's Land with Serge Vanderheyden and Martin Peeters, then presents the first Brussels edition of Immeubles en fête on 27 May 2003. The paper spells the name 'Carl de Moncharline'; the correct spelling is Carl De Moncharline, and the father's name is Mon De Rijck. The original text is in French; the versions in the other languages of the site are translations.