Article, De Morgen, 3 juin 2005 : « Capitale sur roulettes » (Roller Parade).
Texte de l'article · traduction
REPORTAGE
LA PARADE BRUXELLOISE LANCE LA SAISON DU ROLLER
Capitale sur roulettes
Ce soir, à Bruxelles, la nouvelle saison de la Roller Parade débute, et à Hasselt, Ostende, Mons et Namur aussi, un cortège de rollers a lieu chaque semaine tout au long de l'été. Pendant les mois chauds d'été, des milliers de rollerbladers individuels apparaîtront également dans le paysage urbain. Depuis 2004, les fans de roller belges sont en effet autorisés à rouler en toute légalité sur la voie publique. Comment les automobilistes réagissent-ils aux rollers dans la circulation urbaine ?
De Morgen a envoyé son propre roller à travers les embouteillages bruxellois.
BRUXELLES
Propre reportage
Kris Hendrickx
Pierre Grüter fait quelques figures avec ses rollers sur la Place Poelaert. Pierre est le responsable du personnel de la Roller Parade et est responsable des quelque 130 bénévoles qui accompagneront régulièrement la Roller Parade. C'est ce qu'on appelle un « hard roller », quelqu'un qui est sur ses rollerblades toute l'année et slalome également avec une certaine élégance entre le trafic automobile dense.
La place devant le Palais de Justice est le point de départ traditionnel de la Roller Parade de Bruxelles. Les jours de pointe, jusqu'à huit mille participants s'y rassemblent, puis parcourent un circuit d'une vingtaine de kilomètres à travers Bruxelles. Parmi eux se trouvent les « rollercops », une patrouille de police spécialement formée sur roulettes, qui assure la sécurité avec le personnel de Pierre. La patrouille a été créée spécialement pour la parade, mais elle est maintenant également utilisée en dehors de celle-ci, au Bois de la Cambre pendant le week-end, ou aussi pour accompagner des manifestations. Pierre espère que la patrouille sera étendue. « Les agents en rollers sont beaucoup plus accessibles. »
Pour les participants qui font une rencontre malheureuse avec le bitume, une équipe médicale patine. Tout le groupe patine derrière un pick-up, dont le plateau est pour l'occasion rempli de haut-parleurs. Ambiance garantie pendant la Roller Parade.
Une chose est claire : Bruxelles n'est pas un paradis pour le patineur à roulettes de tous les jours.
Mais nous voulons nous insérer dans le trafic quotidien, comme de nombreux participants à la parade qui utilisent maintenant aussi leurs rollers dans la vie quotidienne comme moyen de transport. Pierre explique les règles du jeu : là où il y a une piste cyclable, nous devons l'utiliser, sinon nous pouvons choisir entre le trottoir ou la chaussée. Cette possibilité de choix n'est pas un luxe. Les pavés sont omniprésents à Bruxelles et pas seulement désagréables pour les cyclistes, nous le découvrons par nous-mêmes. On passe rapidement du trottoir à la route, sur de l'asphalte rugueux qui vous fait rebondir pendant une minute, mais aussi sur des trottoirs polis trop rares. Une chose est claire : on ne peut pas appeler la capitale un paradis du roller, avec ses pistes cyclables rares, sa large gamme de revêtements routiers et ses rues beaucoup trop fréquentées.
Ceux qui veulent quand même s'aventurer dans le centre-ville avec leurs rollers devraient faire comme Pierre : rouler avec confiance et prendre suffisamment de place. Sur le Boulevard Anspach, il y a des embouteillages, mais le roller expérimenté trouve toujours un passage et est souvent plus rapide que les voitures. Lorsque nous traversons un passage piéton, les automobilistes freinent respectueusement. « Les chauffeurs nous respectent. En tant que piéton, vous ne vivrez pas ça », dit Pierre. On ne peut pas dire si le chauffeur a simplement peur d'endommager la peinture de sa voiture. « Il faut s'imaginer l'avenue pendant la parade, sans voitures et avec une foule d'un kilomètre de long », sourit Pierre. « Une sensation puissante. »
Toute la Roller Parade semble être liée à ce sentiment de communauté. « C'est juste une façon très décontractée de vivre la ville et le week-end. La Roller Parade est ouverte à tous, vous n'êtes obligé à rien ici. La plupart des participants ont entre 15 et 35 ans, mais il y a aussi bien des bébés en poussette que des quinquagénaires. »
Les rollers en ville restent une rareté. Pendant le trajet de plus d'une heure, nous n'en rencontrons pas un seul et les automobilistes secouent souvent la tête, incompréhensifs. « Pour un usage quotidien, le centre de Bruxelles n'est pas idéal », admet Pierre. « Les rollers ont les mêmes exigences que les cyclistes à cet égard : ils demandent leur propre place sur la route. Cela ne signifie pas nécessairement des pistes de roller dédiées, mais plutôt une piste cyclable que nous pouvons partager avec les deux-roues. Ce n'est pas un luxe : les rollerskaters ont même besoin de plus d'espace que les cyclistes, car le mouvement de patinage est un manœuvre gauche-droite. »
Ceux qui veulent rouler une fois sans soucis dans les rues de Bruxelles doivent être ce soir à 20 heures sur la Place Poelaert.
www.belgiumrollers.com
Photo : Un patineur montre ses figures sur une passerelle piétonne à Bruxelles. Pierre Grüter, responsable du personnel de la Roller Parade : 'C'est juste une façon très décontractée de vivre la ville et le week-end.'
(Photo Tim Dirven)
LES ROLLER-SKATERS SONT MAINTENANT DES USAGERS DE LA ROUTE À PART ENTIÈRE
Jusqu'en 2004, les roller-skaters étaient considérés comme des piétons. Depuis l'année dernière, il existe une législation spécifique pour les roller-skaters, leur permettant d'utiliser la voie publique sous certaines conditions. « Logique, car les roller-skaters sont beaucoup plus rapides que les piétons », déclare l'Institut Belge pour la Sécurité Routière (IBSR).
Les règles pour les plus de 16 ans en bref : si une piste cyclable est présente, le roller-skater doit l'utiliser. S'il n'y a pas de piste cyclable, il y a différents scénarios. Si la vitesse est limitée à 30 km/h, il faut rouler à droite sur la chaussée. À une vitesse maximale de 50 km/h, le roller-skater peut choisir entre la chaussée, le trottoir et l'accotement. Si la vitesse maximale est supérieure à 50 km/h, il y a deux possibilités : en agglomération, un trottoir ou un accotement doit être utilisé, sinon le roller-skate est interdit. Même en dehors de l'agglomération, le roller-skater doit se trouver sur le trottoir ou l'accotement.
Les moins de seize ans doivent se limiter aux trottoirs et aux pistes cyclables. Sur la piste cyclable, les rollers doivent en outre porter un feu blanc à l'avant et un feu rouge à l'arrière dans l'obscurité. Sur la chaussée, un gilet de sécurité réfléchissant est également requis.
Pour les rollers-skaters débutants, l'IBSR, en collaboration avec la Rollerbond, a publié une brochure (www.rollerbond.be).