Bravo Uccle · 2003-07 · Propos recueillis par Charles-Antoine de Trazegnies (texte) · Daniel Dedave, Marc Dejong (photo)
Les "Fameux" d'Uccle Carl De Moncharline, l'activiste culturel
Article, Bravo Uccle, 2003-07 : « Les "Fameux" d'Uccle Carl De Moncharline, l'activiste culturel » (Roller Parade).
Texte de l'article
éDITO
Une Belgique redresseuse de torts ?
Avec sa loi de compétence universelle, la Belgique a-t-elle visé trop haut ? A-t-elle voulu faire la morale au monde entier ? S'est-elle montrée prétentieuse ?
Comme toutes les lois, cette loi éthique pouvait donner lieu à des abus, et ceux qui s'en étonnent devraient songer à toutes les plaintes légères, voire fantaisistes qui encombrent nos tribunaux. Le problème n'est pas là. On peut d'ailleurs prévoir des dispositions qui découragent les plaintes « opportunistes ». Si cette loi a été modifiée une première fois, avant d'être un sujet de négociations gouvernementales, c'est qu'elle se heurte à des intérêts puissants.
Il faut relire La Fontaine et se rappeler que « la raison du plus fort est toujours la meilleure ». Les Etats-Unis ont décidé de faire comprendre au monde entier qu'ils sont bel et bien les plus forts. Blessé par la terrible morsure du 11 septembre, ce géant ne supporte plus la moindre piqûre de moustique. Telle est la réalité aujourd'hui. Toute eau est bonne à son moulin. A peine embarrassé par l'absence d'armes de destruction massive en Irak, le voilà qui menace l'Iran. Mais les moustiques se multiplient et sont de plus en plus excités (voir « Le lion et le moucheron », autre fable de La Fontaine). Le géant n'est-il pas en train de commettre des « dérapages » ?
En Afghanistan et en Irak, les Américains s'en prenaient à des dictatures : ils avaient un argument incontestable. En faisant pression sur la Belgique pour qu'elle amende sa loi, n'ont-ils pas commencé à s'en prendre aux démocraties ? Espérons que le cas belge ne soit pas un dangereux précédent, et dans un monde de plus en plus unipolaire, souhaitons que les Européens se réveillent et que leur Union devienne vite une réelle union politique.
Charles-Antoine de Trazegnies
sommaire
Commune .......... 6
Environnement .......... 9
Le Fameux d'Uccle .......... 10
Fort-Jaco .......... 11
Vins d'été .......... 14
Expositions .......... 16
Concerts .......... 17
Spectacles .......... 18
Evasion .......... 19
Stages .......... 23
Livres .......... 25
Cinéma .......... 26
Restaurants .......... 28
Multimedia .......... 33
CD/DVD news .......... 36
Bravo Services .......... 37
Mensuel toutes-boîtes tiré à 50.000 exemplaires réellement distribués à Uccle, Linkebeek (partiel), Ixelles (partiel), Forest (partiel) et Rhode-Saint-Genèse (partiel), et édité par :
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Il a remporté de belles victoires avec le succès des opérations « Brussels Rollers » et, tout dernièrement, « Immeubles en fête ». En quelques années, Carl De Moncharline est devenu une figure majeure de la vie bruxelloise. Jamais à court d'idées, cet ancien cancre converti en bourreau du travail cherche à imposer l'image qu'il se fait d'une ville multiculturelle, ouverte, active et tolérante, et il est en passe d'atteindre son objectif. Nous avons rencontré cet Ucclois d'adoption (il partage son temps entre Bruxelles-ville et notre commune) qui bouge plus vite que son ombre.
Bravo Uccle : Carl De Moncharline, quand êtes-vous devenu un « activiste culturel » ?
Carl De Moncharline : Je suis né de parents artistes. Mon père est le sculpteur Mon De Rijck et ma mère, Charline Mahy, est peintre. J'ai toujours été entouré de gens qui cherchaient de nouvelles voies. Mon père, qui était directeur du Château Malou, a inventé le concept de la galerie de prêts d'œuvres d'art ; un de mes oncles homme d'affaires m'a fourni de précieux conseils d'organisation ; mon beau-père homéopathe m'a appris la rigueur. A 18 ans, j'ai lancé une campagne intitulée « Barbares, changez ! » pour réagir au fait qu'il n'y avait pas de poubelles publiques à Bruxelles. Avec 300.000 francs que j'avais économisés en travaillant à gauche et à droite, j'ai créé des panneaux autocollants que j'ai placés sur les feux rouges. Il s'en est suivi une première polémique pour affichage illégal. Des gens ont cru que c'était l'extrême droite qui revenait ! Mais la presse m'a soutenu, notamment la télévision qui a montré des affiches d'hommes politiques qui étaient toujours là quatre ans après les élections ! Et ma campagne a fait mouche puisque la région a organisé un concours de poubelles.
Bravo Uccle : Vous y avez participé ?
Carl De Moncharline : Auparavant, j'avais proposé un projet de poubelle européenne à tri sélectif avec affichage culturel (ma tendance écolo), mais j'ai refusé de participer au concours. On a vu apparaître ensuite les fameuses poubelles brunes à capuchon doré qu'on trouve partout aujourd'hui.
Bravo Uccle : Quelle fut la campagne suivante ?
Carl De Moncharline : En 1991, après avoir travaillé deux ans pour le festival du film de Bruxelles, j'ai été engagé par le Mirano comme directeur artistique et je suis entré dans la nuit. Il faut dire que je travaillais déjà le soir pour des bars branchés. Au Mirano, j'ai créé des mises en scène, une piste tournante. Parallèlement, j'organisais des « Who's Who's Follies » à Bruxelles et à Paris dans des boîtes célèbres comme le Palace, le Bataclan, les Bains, le Queen... On me voyait alors à l'émergence de la House et la Belgique avait une longueur d'avance sur la France. La House était une tribu, c'était toute une génération qui se reconnaissait dans cette musique.
Bravo Uccle : Des « Who's Who's Follies », vous êtes passé au « Who's Who's Land » ?
Carl De Moncharline : J'ai trouvé un vieux théâtre abandonné, rue du Poinçon, et j'en ai fait la plus grosse boîte de Belgique. Mais des promoteurs ont conçu un projet immobilier dans le quartier et, à partir de ce moment, j'ai eu des ennuis. Je ne vais pas revenir sur ce triste épisode. Toujours est-il que, malgré notre bonne volonté, le « Who's Who's Land » a été fermé. Par la suite, je me suis occupé de la stratégie de communication du PS dans la perspective des élections communales. J'ai voulu m'engager sur le terrain politique pour faire valoir ma vision de la ville. C'est dans la foulée que j'ai eu l'idée de créer la Roller Parade.
Bravo Uccle : Vous êtes domicilié à Bruxelles-ville mais vous vivez le plus souvent à Uccle. Que pensez-vous de notre commune ?
Carl De Moncharline : C'est une très belle commune, mais qui n'est pas très dynamique. Elle manque d'esprit jeune, de culture et de fêtes populaires. C'est dommage, car elle a beaucoup d'atouts.
VROOOOOM
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