Article publié sur 7 planches - lecture dans l'ordre numéroté ci-dessous.
Plus Magazine n° 164, juin 2003 - dossier complet consacré à la première édition belge d'Immeubles en fête / La Fête des Voisins, le mardi 27 mai 2003, à l'initiative de Carl De Moncharline. Le numéro est présenté ici en sept planches : couverture, éditorial « Barbecue au-dessus de la haie », sommaire, ouverture du dossier (pages 8-9), article et encadrés pratiques (pages 10-11), reportages de quartiers (pages 12-13) et article juridique « Ne tirez pas sur le voisin ! » (pages 78-79). Le texte est transcrit verbatim ci-dessous.
Texte de l'article
PLUS MAGAZINE - N° 164 · JUIN 2003 · 3,60 € - www.plusmagazine.be
[1 / 7 - COUVERTURE]
Des initiatives dans toute la Belgique
FAITES CONNAISSANCE - VOS VOISINS SONT SYMPAS !
[Les autres titres de couverture, sans rapport avec la fête des voisins, ne sont pas repris ici.]
[2 / 7 - PAGE 3 · ÉDITORIAL « C'EST COMME ÇA »]
Barbecue au-dessus de la haie
Dès les premiers beaux jours, les fenêtres s'ouvrent. Et les voisins se font présents. Avec tout ce qu'ils peuvent avoir d'enquiquinant : disputes de couple, tondeuses et scies électriques (y compris le dimanche), relents de barbecue (surtout le dimanche), ballons frappant sur les portes de garage, chiens qui aboient, radios à fond le volume. Etc. On ne dit rien, on se contrôle. Jusqu'au jour où on en vient aux mots qui dépassent la pensée. Sans transition.
Les problèmes de voisinage, cela n'a rien de neuf. Mais aujourd'hui, toutes les conditions sont réunies pour que les conflits s'exacerbent. D'abord, bêtement, parce que tout est de plus en plus bruyant. Les scies électriques, les sonos et leurs super-baffles... : des sons qui agressent notre système nerveux déjà mis à mal par ailleurs. Ensuite et surtout, on supporte moins bien les manifestations de vie des gens qu'on ne connaît pas que de ceux qu'on connaît. Or, comment connaîtrait-on ses voisins alors que les maisons sont devenues des dortoirs, que les rues ont perdu le rôle social qu'elles avaient lorsque les enfants s'y retrouvaient pour jouer et que les femmes, plus nombreuses à travailler au foyer, briquaient leur trottoir en papotant ou s'agglutinaient joyeusement autour de la camionnette du laitier ?
Pas question, évidemment, de tomber dans le passéisme. Simplement, force est de constater qu'aujourd'hui, on a besoin d'un coup de pouce pour recréer du lien social dans les quartiers. Et là, chapeau bas à toutes ces initiatives nouvelles qui incitent les voisins à faire connaissance (lire pages 8 à 13). Casser l'anonymat, c'est aussi la méthode qu'utilisent les tout récents médiateurs de quartier (lire pages 78-79) pour résoudre les conflits de voisinage. Car demander à quelqu'un qu'on salue le matin par son nom de baisser le volume de sa radio perd toute sa charge agressive. Et le voisin, qui ne se sent plus protégé par la carapace de l'anonymat, aura, lui, davantage de scrupules à tondre sa pelouse le dimanche. De toute manière, lorsqu'on s'est rendu compte que ces voisins, qui, hier encore, étaient des inconnus, sont finalement bien sympas, on en arrive à ne même plus être gêné par leurs barbecues dominicaux. Et, pourquoi pas ?, à échanger des recettes de saucisses grillées d'un côté à l'autre de la haie...
Anne Vanderdonckt
[3 / 7 - SOMMAIRE JUIN 2003]
8 - Faites connaissance : VOS VOISINS SONT SYMPAS !
Créer des liens conviviaux entre voisins : voilà le but de l'opération Immeubles en fête du 27 mai. Des expériences de ce genre ont déjà été menées à Schaerbeek, Kessel-Lo et Liège... Avec succès ! Par ailleurs, lisez aussi notre article droit « Ne tirez pas sur le voisin » en pages 78-79 et notre forum des lecteurs consacré au voisinage en page 25.
[Les autres rubriques du sommaire, sans rapport avec la fête des voisins, ne sont pas reprises ici.]
[4 / 7 - PAGES 8-9 · EN IMAGE – FÊTE DES VOISINS · par Karima Amrous]
Faites connaissance : VOS VOISINS SONT SYMPAS !
Partager un verre ou un repas avec ses voisins : c'est l'idée toute simple mais excellente qui est en passe de s'imposer chez nous à travers l'opération « Immeubles en fête ». Mais dans beaucoup de communes, les habitants se mobilisent depuis des années déjà pour favoriser le dialogue et la solidarité avec leurs voisins. Des initiatives sympas, qui rendent sourire et vitalité aux quartiers...
[5 / 7 - PAGES 10-11]
En 1999, une poignée de joyeux utopistes lançait dans le 17e arrondissement de Paris l'opération Immeubles en fête, avec pour objectif de renforcer les liens de proximité et de créer une solidarité entre voisins. D'emblée, le succès était au rendez-vous puisque 800 immeubles ont pris part à l'action. Quatre ans plus tard, l'édition 2002 de la fête des voisins a réuni pas moins de deux millions de Français dans tout le pays ! Voilà comment une idée toute simple et complètement désintéressée a pris une ampleur inespérée, probablement parce qu'elle répond à une forte demande sociale.
Bonne nouvelle pour les Belges : sous l'impulsion de Carl de Moncharline, un enthousiaste trentenaire spécialisé dans l'organisation d'événements, la Belgique va elle aussi monter sa fête des voisins, en association avec plusieurs pays européens. Pour cette première édition, seule la ville de Bruxelles est concernée - quel dommage ! - mais dès l'année prochaine, promis, l'initiative devrait s'étendre au reste du pays (lire détails pratiques en encadré).
Rendre le sourire à son immeuble
Pourquoi fêter les voisins ? « Pour lutter contre l'exclusion et l'anonymat dans les villes, affirme Carl de Moncharline. Enormément de gens vivent reclus chez eux, croisent leurs voisins en leur disant à peine bonjour, par peur ou par timidité. Personnellement, je trouve particulièrement sympathique l'idée de créer des situations où les habitants d'un immeuble ou d'un quartier peuvent apprendre à se connaître et à avoir moins peur les uns des autres. Parce que je suis convaincu que les gens ont besoin de contacts, c'est tellement naturel. »
Naturel, mais pas évident pour autant. En Belgique comme dans de nombreux pays, la majorité de la population habite en zone urbaine, où l'individualisme règne en maître. Conséquence : dans certains quartiers, les rapports de voisinage sont quasiment inexistants, certains ignorant jusqu'au nom de leur voisin de palier. Et puis, les avis sont très passionnels sur les voisins : certains voient en eux des étrangers, voire des importuns qu'ils vont s'arranger pour croiser le moins possible. D'autres, par contre, sont ravis de tailler une bavette avec les habitants de leur immeuble et apprécient de pouvoir compter sur ces derniers en cas de besoin. Qui mieux qu'un voisin peut en effet garder le chien, arroser les plantes, surveiller l'appartement ou la maison pendant une absence ?
Briser la glace
Un des objectifs de l'opération Immeubles en fête est justement de revaloriser les rapports avec cette personne si proche et si éloignée qu'est le voisin. Car quand la confiance est là, les rapports de voisinage peuvent se révéler d'excellents antidotes contre la solitude, l'isolement ou même l'insécurité. En France, les témoignages sont nombreux pour attester du fait que sans faire des miracles, la journée des voisins a permis de décloisonner un peu les esprits : des gens qui se regardaient à peine ont fini par briser la glace et apprendre à se connaître, des couples se sont même formés... La preuve que l'ouverture aux autres, c'est d'abord un état d'esprit, qui commence avec le simple fait de dire bonjour et d'offrir un sourire à ses voisins. Ce n'est peut-être pas grand-chose mais il suffit parfois de ce « pas grand-chose » pour faire tomber les barrières de méfiance que nous érigeons autour de nous par peur, timidité, ou ignorance.
[Légende photo] Simplicité, convivialité, solidarité : et si on apprenait à envisager sous cet angle les relations avec nos voisins ?
[Encadré] La fête des voisins en pratique
C'est quand ? Le mardi 27 mai, à partir de 19 h, pour favoriser la présence de ceux et celles qui travaillent.
Comment faire ? Commencez par informer vos voisins de votre intention d'organiser une petite fiesta. Accrochez l'affiche de la journée Immeubles en fête dans un endroit visible de votre immeuble, le hall ou le couloir par exemple. Cette affiche a été publiée le mardi 20 mai dans les journaux La Libre Belgique et La Dernière Heure. Elle est aussi téléchargeable sur le site internet www.immeublesenfete.be. Des cartes postales seront mises gratuitement à la disposition des intéressés dans de très nombreux endroits de Bruxelles (cafés, restaurants, librairies). Il ne vous restera qu'à glisser ces invitations dans la boîte aux lettres de vos voisins, en précisant l'heure et l'endroit des festivités.
Où ? Dans les halls d'immeubles, les cours, les jardins, chez soi, ou... sur le trottoir : à chacun d'inviter là où il veut (ou peut).
Quel type de fête ? Apéritif autour de quelques toasts, barbecue, table d'hôte... libre à vous d'inventer la formule qui convient le mieux à votre immeuble ou quartier. N'oubliez pas d'indiquer sur votre carton d'invitation ce que vous attendez des participants à la fête : une bouteille de vin, une quiche, un gâteau, etc.
Cadeau sympa Les personnes qui colleront l'affiche de la fête des voisins à leur fenêtre se verront offrir une bouteille de beaujolais par un livreur qui fera le tour des quartiers. Et que la fête commence !
[Affiche reproduite] UNE INITIATIVE DE CARL DE MONCHARLINE - Immeubles en fête, la fête des voisins - « Et si j'invitais mes voisins à prendre un verre ! » - Mardi 27 mai 2003 - DANS LE CADRE DE LA JOURNÉE EUROPÉENNE DES VOISINS - www.immeublesenfete.be
[Encadré] Bon ou mauvais voisin ?
Mal nécessaire ou alliés naturels, les voisins suscitent des avis souvent tranchés. Ainsi, quand on interroge les gens sur leur définition du « bon » ou « mauvais » voisin, les réponses ne manquent pas de piquant (*).
Qui est pour vous le voisin idéal ? Celui qui a toujours un mot aimable : 56 % - Celui qu'on ne voit jamais et qui laisse les gens tranquilles : 20 %
Qui est pour vous le pire voisin ? Celui qui aime épier : 20 % - Celui qui renverse sa poubelle dans l'escalier : 16 % - Celui qui bricole le dimanche après 22h : 13 %
Tiens, au fait, et vous, quel genre de voisin(e) êtes-vous ? Discret ? Affable ? Disponible ? Ou plutôt lointain ?
(*) Sondage Sofres réalisé auprès d'un échantillon de 1000 Français de plus de 18 ans.
[6 / 7 - PAGES 12-13 · ILS FONT BOUGER LEUR QUARTIER]
Dans beaucoup de quartiers, les habitants n'ont pas attendu qu'on crée la journée des voisins pour mettre en place des initiatives sympas favorisant le dialogue avec leurs voisins. Parce que la générosité et l'ouverture aux autres, c'est un effort de tous les jours !
SCHAERBEEK - Ensemble, ils embellissent leur rue !
Il y a quelques mois encore, dans ce quartier délaissé de Schaerbeek (Destouvelles-Gaucheret), il y avait très peu d'animation et nombreux étaient les habitants qui se regardaient en chiens de faïence, se disant à peine bonjour. C'est dans cet environnement gris et triste que s'est implantée la maison d'accueil pour enfants « Les amis d'Aladdin », grâce à laquelle les relations de voisinage sont métamorphosées. « Nous avons pu créer une dynamique positive », raconte Agnès Derynck, présidente des Amis d'Aladdin, qui a longtemps vécu dans le quartier. Comment ? En menant plusieurs actions ponctuelles, dont la plus spectaculaire est la création collective d'une splendide fresque murale. En face de la maison d'accueil pour enfants s'étalait un long mur sale et terne, qui plombait la vue et le moral des habitants du quartier. Quelques rencontres informelles entre les parents des enfants de la maison d'accueil ont abouti à l'idée de mettre de l'éclat sur ce mur en y peignant une grande fresque colorée dont le thème serait la paix entre les peuples. « Nous avons invité les habitants du quartier à apporter leur contribution à cette œuvre », explique Agnès Derynck. Beaucoup ont accepté : ils ont peint avec les enfants les motifs de la fresque et inscrit des messages de paix dans toutes les langues du quartier (plus d'une trentaine !). Le 21 septembre 2002, journée mondiale de la paix, la fresque a été inaugurée lors d'une fête de quartier qui a rencontré un grand succès de foule. La veille, des habitants du quartier ont spontanément retroussé leurs manches et nettoyé les rues. D'autres ont décoré les alentours avec des guirlandes, et d'autres encore ont préparé des gâteaux. Bref, tout le monde s'y est mis ! Et le jour de la fête, des musiciens professionnels qui avaient habité jadis dans le quartier sont venus assurer l'ambiance musicale. « Ça a été une journée importante pour les habitants du quartier, se souvient Agnès Derynck. Certains se parlaient pour la première fois. Le fait d'avoir pris part à la réalisation de la fresque a donné aux habitants l'envie de prendre soin de leur quartier. Aujourd'hui, tous veillent discrètement à ce qu'on respecte leur œuvre (que personne n'a encore eu la fâcheuse idée de vandaliser). » Récemment, un deuxième panneau « collectif », tout aussi joli et bigarré, a été accroché sur un autre pan du mur. Son message (« La Terre mérite notre respect, le quartier aussi ») invite chacun à garder les alentours propres. Aujourd'hui, la dynamique de convivialité semble définitivement lancée puisqu'en mai, une autre fête de quartier a eu lieu et en septembre, une grande brocante est prévue. « Ça permettra aux habitants de vider leur grenier et de se parler, c'est une façon comme une autre de briser la glace et faire en sorte que les gens n'aient plus peur, dit Fatna, une habitante “engagée” du quartier. »
[Légende] Le fait d'avoir travaillé ensemble à la réalisation de la fresque (en arrière-fond) a donné aux habitants du quartier l'envie de prendre soin de leur environnement.
KESSEL-LO (LOUVAIN) - Mieux intégrer les « nouveaux »
Mettre en place de vrais programmes d'intégration des voisins. Voilà une belle idée qui commence à faire son chemin depuis qu'Anna Missine, fonctionnaire de 46 ans et véritable missionnaire du bon voisinage, tente de la vendre aux communes belges. Elle a de l'expérience en matière de voisinage ! Dans le quartier de Kessel-Lo (près de Louvain) où elle habite, elle a tout fait pour que les contacts entre voisins soient fréquents et conviviaux : fêtes de rues, jeux, barbecues, tombola, etc. Lorsqu'en 1999, Anna Missine lançait la Journée du Voisin à Louvain, elle voulait que ce soit l'occasion pour chacun de réfléchir à ce que représentent nos voisins. « C'est un jour où il faudrait faire un effort vis-à-vis d'eux, explique-t-elle. Proposer un café ou une petite promenade, glisser une carte de vœux dans la boîte aux lettres, offrir un cadeau symbolique... Surtout, rien de spectaculaire car les efforts doivent être constants et durables, sinon ça ne marche pas. » Anna Missine voudrait que partout, les nouveaux habitants d'un quartier se présentent spontanément aux « anciens ». « Trop de gens ne s'intègrent jamais dans les quartiers, déplore-t-elle. Les habitants de longue date se plaignent alors qu'il y a trop de visages inconnus, ils se sentent étrangers dans leur propre quartier. Connaître ses voisins, ça donne un sentiment de sécurité. » Pour vendre son idée, elle multiplie les contacts auprès des communes pour qu'elles prennent des initiatives dans ce sens. A Louvain, ville à forte population estudiantine, Anna Missine et Christiane Defillet, une voisine, sillonnent l'université pour inviter les étudiants à prendre contact avec leurs voisins. Et ça marche ! « Un premier contact agréable fait souvent des merveilles. Et s'il arrive un jour que l'on soit incommodé par son voisin, on pourra en parler plus facilement avec lui, sans animosité. »
[Légende] Fêtes de rue, barbecues, jeux : on ne s'ennuie jamais à Kessel-Lo !
LIÈGE - Discussions à bâtons rompus
Le quartier St-Léonard, bien connu des Liégeois, abrite un joli tissu d'associations sociales et culturelles. En octobre 2002, tout ce petit monde était invité à participer à un débat sur le statut des jeunes filles. Véronique Stasse, éducatrice, eut la bonne idée d'inviter les habitants du quartier. « On s'est dit que cela pourrait enrichir les conversations si les jeunes et les adultes se mettaient autour d'une table », raconte-t-elle. Le succès est au rendez-vous puisqu'une cinquantaine de personnes ont répondu à l'appel ! Depuis ce jour, tous les mois, se tient dans le quartier une soirée-débat réunissant les habitants du quartier. La mondialisation, l'immigration, la toxicomanie, la guerre en Irak... les thèmes de discussion sont définis à la demande des participants et chaque rencontre est précédée de la projection d'un film. Les effets de la conversation se font sentir bien après la soirée-débat. « Il y a clairement une amélioration des rapports entre les gens du quartier, constate Véronique Stasse. Les jeunes de la rue ont aujourd'hui envie de discuter avec des personnes âgées, ils se rendent compte qu'ils peuvent avoir des points communs, échanger des idées. Surtout, ils ont compris que les adultes du quartier ne sont pas là uniquement pour leur interdire de jouer au foot ! » Riche par sa diversité culturelle mais pauvre économiquement, le quartier St Léonard a retrouvé un visage accueillant : « Il méritait de redevenir agréable et convivial, reprend Véronique Stasse. Aujourd'hui, j'ai vraiment le sentiment qu'il y a plus de respect entre les uns et les autres. »
[7 / 7 - PAGES 78-79 · DROIT RELATIONS · par Simon Casette et Annemie Goddefroy]
Ne tirez pas sur le voisin !
Vous avez un différend avec l'un de vos voisins ? Plutôt que de régler le problème à coups d'invectives ou de recourir à la justice, vous pouvez faire appel à un médiateur de quartier. En effet, ce service est de plus en plus répandu dans nos villes.
[L'article détaille les sources de conflits de voisinage, la mission du médiateur (intermédiaire neutre, restauration du dialogue, solutions mutuellement acceptables), le fonctionnement de la médiation (démarche libre, volontaire et confidentielle), les cas de recours et l'organisation du service selon les villes, avec les encadrés « Les choses de la vie » et « Genk récompensée pour sa médiation de quartier ».]