Le Soir, mercredi 28 et jeudi 29 mai 2003, page 20 - succès de la première édition bruxelloise d'« Immeubles en fête », reportage au 128 chaussée d'Ixelles.
Texte de l'article
Animations | Succès pour la première édition d'« Immeubles en fête »
« Dans la rue, on ne se sourit plus »
ALAIN GÉRARD
Son immeuble semble ouvert à tous les vents. Il est presque 18 heures. Et Catherine Opdebeek, gérante du 128 de la chaussée d'Ixelles, a décidé que c'était une bonne heure pour l'apéro. Une bonne heure aussi pour y convier les habitants de l'immeuble mais également les voisins et, finalement, toute personne qui, passant dans la rue, est prise d'une irrésistible envie de convivialité et de causettes avec des inconnus.
Ce mardi, l'opération « Immeubles en fête » a vécu avec succès sa première édition bruxelloise. Venue des bords de la Seine sur les rives de la Senne, à l'initiative de Carl De Moncharline, figure bien connue d'un « Bruxelles qui bouge », elle s'inscrivait dans le cadre de la Journée européenne des voisins. Avec un message aussi clair que simple : « Aller à la rencontre de son voisin »… cet inconnu.
Chez Catherine, comme dans des centaines d'autres demeures de la capitale – les organisateurs parlent de milliers – le message est bien passé. On s'y presse. On s'y croise. On y discute de tout et de rien. On boit un verre dans la cour intérieure. Mais on vient également visiter le dernier ascenseur à charbon de la Région bruxelloise, un Stigler de 1926, ou admirer d'envoûtants vitraux Art déco. Bref, on fait connaissance. Tout simplement.
Je rencontre des personnes que je ne connaissais pas et qui me disent habiter le quartier, confie Claudine, dont le mari photographe, André, en profite pour exposer ses meilleurs clichés.
Dans la rue, on ne se sourit même plus. C'est dire l'importance d'une telle initiative, poursuit Marie. Quant à Simon, il dit apprécier la découverte d'un intérieur d'îlot qu'il ne soupçonnait pas : C'est sûr, il faudrait refaire ça plus souvent.