La Dernière Heure · 25. Juni 1993 · Luc Lorfèvre (Text)
Samba, Bahia und Piña Colada
Ankündigung des Festivals Viva Brasil 93 (27. Juni - 5. Juli, Brüssel): Olodum und Margareth Menezes bei der Bahia Night in den Halles de Schaerbeek, Caetano Veloso und Chico Buarque im Palais des Beaux-Arts, und im Mirano Continental Paralamas Do Sucesso am Montag, 28. Juni, sowie Gilberto Gil am Montag, 5. Juli, bei einem Benefizkonzert für Infor Sida.
Artikeltext · Übersetzung
VIVA BRASIL DU 27 JUIN AU 5 JUILLET A BRUXELLES
Samba, Bahia et pina colada
BRUXELLES – Une mélodie qu'on croirait sortie tout droit d'une pub pour Schweppes. Une fille aux jambes de féline qui ondule nonchalamment du ventre. Des gouttes et encore des gouttes de sueur qui perlent sur le front du percussionniste. Une foule qui s'enivre de rythmes torrides. Et, plus loin, au coin du bar, deux verres de pina colada qui s'entrechoquent. Santé samba ! Viva Brasilia. On remet ça...
Le décor ainsi planté, il ne reste plus qu'à vous mettre l'eau à la bouche en passant en revue la galerie exotique d'artistes qui évolueront à Bruxelles du 27 juin au 5 juillet dans le cadre du Viva Brasil 93. On craignait que l'absence d'un généreux cigarettier dans la liste des sponsors ruine un peu l'intérêt de ce must estival. C'était sans compter sur la ténacité des organisateurs et sur la générosité des vedettes. A y regarder de près comme de loin, l'affiche a de quoi faire secouer plus d'un bermuda ! A côté des stars confirmées (comme le fidèle Gilberto Gil ou Chico Buarque), on aura droit cette année à des découvertes, à des groupes dont seule, pour l'instant, la réputation avait réussi à franchir les océans et aussi à une brochette de formations issues de la nouvelle vague rock qui fait déjà trembler les favelas de Rio.
Gilberto et Chico
Le dimanche 27 à 20 h 30, les Halles de Schaerbeek accueillent une Opening night entièrement dédiée à Bahia. Entre une lèche-échoppes et une dégustation de fruits tropicaux, Olodum viendra user la peau de ses tambours. Olodum nous arrive tout droit des rues ombrées de Pelourino, un quartier pauvre de Bahia. Adorant la musique mais ne pouvant se payer des instruments, ils (c'est-à-dire les seize membres du groupe) se sont mis à tambouriner sur des casserolles des rythmes de samba et de reggae. Après douze ans de carrière et des apparitions sur les disques de Paul Simon, la troupe vient montrer son savoir-faire en Belgique pour la deuxième fois (ils avaient déjà volé la vedette aux Tambours du Burundi lors d'un spectacle au Palais des Beaux-Arts).
Le nom de Margareth Menezes, la deuxième tête d'affiche de cette Bahia night ne vous dit sans doute rien. Pourtant, vous la connaissez bien. La fameuse pub pour Schweppes qui servait d'intro à cet article, c'est elle. La voix au timbre magique qui a chauffé la salle en première partie de David Byrne, lors de sa dernière tournée ? C'est encore elle. Mélangeant subtilement les influences soul, funk, reggae, samba et antillaises, Margareth Menezes n'a que trente ans mais fait déjà partie des incontournables de la musique brésilienne. A ne pas rater !
Tout aussi incontournable, ce Caetano Veloso (le mardi 29 au Palais des Beaux-Arts), le papy de cette édition avec Gilberto Gil et Chico Buarque. A cinquante ans, toujours bon pied bon œil, il est un peu le Dylan ou le Lennon de la musique brésilienne. Motifs : des chapelets contestataires (l'homme a connu les geôles lors du coup d'état militaire de 1964 et ne s'en est toujours pas remis), des mélodies accompagnées uniquement par une guitare acoustique, un caractère de teigne mais un cœur gros comme un ballon de foot ! Tant qu'on y est avec les papys, donnons tout de suite la palme de la fidélité à Gilberto Gil (lundi 5 juillet au Mirano Continental) qui nous revient chaque été comme les feuilles tombent en automne. Pas chiche pour un sou, il livrera un concert dont les bénéfices iront à Infor Sida.
Avec Chico Buarque (vendredi 2 juillet avec Trio Espérença au Palais des Beaux-Arts), c'est la maturité et la séduction qui seront au rendez-vous. A cinquante balais, ses – trop rares – apparitions déclenchent à chaque fois l'hystérie. Comme le laisse supposer l'ambiance qui régnait au Zénith lors de l'enregistrement de son dernier et double album (Live au Zénith chez BMG), les Beaux-Arts risquent de se transformer en sauna.
Le Viva Brasil 93 a aussi le mérite de s'ouvrir cette année au rock. Si on regrette l'annulation du concert de la sculpturale Marina Lima, on se réjouit par contre de la venue de Paralamas Do Sucesso (lundi 28 au Mirano Continental). Originaires de Rio, ce combo de sept musiciens mélange depuis dix ans les influences de la musique traditionnelle du Brésil avec des connotations plus anglo-saxonnes. Là-bas, on les compare volontiers au groupe Clash mais leur répertoire varie de Jackson Pandeiro (un compositeur régional) à des classiques de Jimi Hendrix ou des Doors. Brian May, qui les avait croisés lors d'une tournée de Queen au Brésil, ne s'y est pas trompé en les invitant pour ouvrir quelques concerts de sa nouvelle tournée européenne. A découvrir.
Luc Lorfèvre
Légende photo : Olodum et ses percussions ouvriront le bal du Viva Brasil 93 dans le cadre d'une Bahia night organisée le 27 juin aux Halles de Schaerbeek. (Doc. DH)
Viva Brasil 93 du 27 juin au 5 juillet. Infos : 02/534.22.00.
La Dernière Heure, 25 juin 1993
Kontexthinweis
La Dernière Heure, 25. Juni 1993. Artikel von Luc Lorfèvre; das Foto ist mit « (Doc. DH) » angegeben. Text wortgetreu wiedergegeben, einschließlich Originalschreibweisen. Nur zwei Festival-Konzerte finden im Mirano Continental statt: Paralamas Do Sucesso am 28. Juni und Gilberto Gil am 5. Juli 1993; Olodum, Margareth Menezes, Caetano Veloso und Chico Buarque spielen in den Halles de Schaerbeek und im Palais des Beaux-Arts. Der Artikel bestätigt nebenbei die Daten des Festivals Viva Brasil 93 (27. Juni - 5. Juli 1993) und erhellt damit die Bildunterschrift « Viva Brasil 93 » im DH-Artikel vom 24. Juni 1992 über Gilberto Gil. Carl De Moncharline wird nicht namentlich genannt, gehörte damals aber zum Team des von Jean-Pierre Mels geleiteten Mirano Continental, in der Übergangsphase der künstlerischen Leitung. Der Originaltext ist französisch; die übrigen Sprachfassungen sind Übersetzungen.