Aldo Gigli

    Aldo Gigli · Mitbegründer des Mirano Continental · Bühnenbildner und Grafiker

    Der Mann, der das Mirano entdeckte

    The Mirano when it was still a cinema: the main auditorium, its stage curtain and balcony, before the transformation into a club.Archive photo lightly retouched, with no alteration of the original content: no archive photo on this site is generated by artificial intelligence. Its original grain has been preserved; only its legibility has been slightly enhanced.

    Aldo Gigli wurde am 13. April 1944 in Brüssel geboren und wuchs zwischen Belgien und der Toskana auf. 1975 war er Industriedesigner bei BelV, einer Tochtergesellschaft der Föderalen Agentur für Nuklearkontrolle, und Barkeeper bei Les Gémeaux, einem Brüsseler Club, der später in Le Canotier umbenannt wurde. Dort lernte er das Nachtleben kennen, arbeitete als Grafiker und schuf seine ersten Bühnenbilder, indem er die Einladungen mit Marco Rolland und Paul Sterck gestaltete.

    Er reiste oft nach New York, traf Andy Warhol und David Byrne und besuchte das Studio 54 seit seiner Eröffnung 1977. Locker, hip und herzlich besaß er jenes Charisma, das die selektivsten Türen öffnet: Er war es, der die künftigen Mirano-Besitzer ins Studio 54 brachte. Aus diesen Reisen entstand ein Projekt: einen solchen Ort in Brüssel zu schaffen.

    1981 schuf er mit Paul Sterck, Marco Rolland und Jacques Goossens-Bara das Mirano Continental im Kino seines Kindheitsviertels in Saint-Josse-ten-Noode. Als Kreuzung zwischen dem Palace in Paris und dem Studio 54 in New York konzipiert, wurde das ehemalige Kino ein Raum totaler Kreation und ein internationaler Erfolg, der Grace Jones, Prince, Madonna und Jean-Paul Belmondo empfing.

    1980 besichtigten Aldo Gigli und seine zukünftigen Partner das alte Kino in der Chaussée de Louvain: einen Saal im italienischen Stil, mit Balkon, der nur darauf wartete, neu zu erwachen. Das erste Foto dieses Albums hält diesen Gründungsmoment fest, als das ganze Mirano noch nur eine Ahnung war.

    Die beiden anderen Bilder zeigen den Club mitten in der Nacht, genau so, wie Aldo ihn erdacht hatte: Lichtstrahlen, handgemalte geometrische Tafeln, Gerüste, Bildschirme und Schaufensterpuppen mit Fernsehern auf dem Kopf. Lange bevor die Wörter „Mapping“ oder „digitale Szenografie“ existierten, war das Mirano bereits eine totale Installation.

    Fotoalbum: das Mirano um 1980, von der Besichtigung des alten Kinos bis zum Club in voller Nacht. Klicken Sie auf das Foto, um das Album zu durchblättern.

    Um 1980, mitten in der Nacht: Lichtstrahlen streifen über die Empore, die geometrischen Tafeln von Aldo Gigli kleiden die Wände, und der Saal vibriert unter den Scheinwerfern.
    Gerüste, Bildschirme und Schaufensterpuppen mit Fernsehern als Köpfe: die Videoinstallation des Mirano um 1980, ein Bühnenbild direkt aus Aldo Giglis Vorstellungskraft.
    Die Pioniere des Mirano Continental
    Unter der Regie von Thomas Purcaro Decaro für Abyssal Process vereint dieser Film die Zeugnisse von Aldo Gigli, Paul Sterck und Jean-Pierre Mels, den Pionieren des Mirano Continental. Der Club wurde 1981 in einem ehemaligen Kino in Saint-Josse-ten-Noode von Aldo Gigli, Paul Sterck, Marco Rolland und Jacques Goossens-Bara gegründet und ließ sich mit seiner handwerklichen Szenografie, seinen technischen Innovationen und seiner strengen Türpolitik vom Studio 54 inspirieren. Ein Muss für Größen aus Kultur und Showgeschäft (Prince, Lenny Kravitz, Jean-Paul Belmondo, Étienne Daho): Das Mirano enthüllt hier seine Geschichte und kreative Entstehung, deren Erbe später Carl De Moncharline fortführte.
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    Paul Sterck : C’est un mélange de toute une série d’états d’esprit, de compétences, de créativité. C’était très coloré.

    Aldo Gigli : C’est un endroit que j’aime très fort, profondément. C’était fabuleux.

    Jean-Pierre Mels : Ça m’a ouvert toute ma vie. Ça a changé toute ma vie.

    Aldo Gigli : J’ai découvert la nuit en travaillant comme barman dans la salle, à l’époque aux « Gémeaux », qui est devenu Le Canotier après. Et moi qui voyageais beaucoup, j’allais notamment à New York. J’ai toujours aimé New York. J’allais souvent à New York, j’y ai passé beaucoup d’années. Et j’étais là à la période de l’ouverture du Studio 54. On rêvait, on rêvait. On s’est dit : « Tiens, à Bruxelles, ce serait pas mal, non ? » Mais on n’avait pas de pognon. C’est comme ça, un aventurier. Un jour, j’ai trouvé le Mirano et j’ai dit : « Ça, c’est l’endroit qu’il faut… » Et on s’est éclatés là. C’est le cinéma de mon quartier, parce que j’ai habité dans ce quartier un petit temps. J’allais au cinéma, je connaissais la salle. Et c’est par hasard que quelqu’un me dit qu’il est à louer et qu’il me donne le prix.

    Paul Sterck : Avant ça, c’était un cinéma, mais il a arrêté son exploitation en 78. Donc, il y a eu deux années de vide locatif. Nous, on est arrivés en 80, et puis on a pris un an pour pouvoir conceptualiser l’endroit et le mettre en place. On l’a ouvert un an plus tard. Moi, je ne connaissais pas très bien la nuit. D’ailleurs, je l’ai pas connue. Quarante ans plus tard, je la connais pas mieux. Mais c’est là que j’ai créé une équipe qui avait de l’ambition. On était tous portés par une ambition, en disant : « Allez, on va être les meilleurs. »

    Jean-Pierre Mels : Ils voulaient tous que je vienne travailler au Mirano. Je dis : « Non, moi, je viens pour danser. J’en ai rien à foutre de travailler, j’ai mon boulot à la poste. » « Si, si, viens, viens un week-end ! » Donc, je me suis retrouvé au bar avec un spectacle, un spectacle sur scène. Bordel, je me suis dit : « C’est ici que je vais rester ! » Et donc, du jour au lendemain, je me suis retrouvé, entre guillemets, directeur-gérant. Donc, j’ai été mis sur un piédestal et ça m’a ramené beaucoup de gonzesses.

    Aldo Gigli : Le Mirano, c’était no limit. Dans le délire aussi, dans les créations. Moi, j’ai mis les tissus au mur. Les tissus, avec les plis et tout ça, je les ai mis moi-même. J’ai même peint le néon au-dessus, qui n’avait pas la couleur qu’il fallait. Il fallait les couleurs que je voulais, moi, alors je l’ai peint.

    Paul Sterck : La plupart de la technique lumière, nous l’avons inventée et construite. Il n’y avait pas tout ce qu’il y a aujourd’hui de disponible : LED, changements de couleur, bras articulés, etc. Tout ça n’existait pas.

    Jean-Pierre Mels : On travaillait tous les jours. On bossait, on se remettait en question, on cherchait de nouvelles idées, on cherchait de nouvelles tendances, et on bossait, et on bossait.

    Aldo Gigli : Le fait que ce soit moins technologique, ça faisait que l’innovation était apportée par un crayon et un bout de papier. Tu vois, c’était très simple comme ça, quelque part. Il fallait oser, tu faisais des choses, tu osais.

    Paul Sterck : On a fait beaucoup de spectacles. On ouvrait le rideau, le spectacle avait lieu, on annonçait la soirée thématique deux ou trois semaines plus tard, et c’était l’effet d’annonce pour les clients.

    Jean-Pierre Mels : J’ai lancé la ligue d’impro, et j’ai commencé les concerts aussi. Ça, c’était important pour moi.

    Paul Sterck : Il y avait le monde des mannequins, le monde des photographes, le monde de la pub. On a eu la capacité de réunir tous ces gens-là chez nous.

    Aldo Gigli : On n’a pas été super cool avec tous les clients parce qu’on voulait sélectionner très fort. Ce qui n’est pas dans un esprit très belge de sélectionner comme ça, surtout à l’époque.

    Jean-Pierre Mels : Donc, il y avait des belles gueules qui rentraient, des mecs avec des cheveux longs, des cheveux courts, des Blacks, des Beurs. Il y avait de tout qui rentrait.

    Paul Sterck : C’était un peu Facebook avant l’heure : quand on cherchait quelqu’un à l’époque, on venait au Mirano trois ou quatre soirées et on le trouvait.

    Jean-Pierre Mels : J’ai rencontré Jean Marais, Miriam Makeba, Belmondo évidemment, Étienne Daho qui venait souvent, Clémentine Célarié. Découvrir tous ces gens alors que je venais de la poste, pour moi, c’était magique. C’était magique. Me retrouver à côté de Lenny Kravitz, tu te rends compte ?

    Aldo Gigli : Toutes les stars qui passaient à la télévision à Bruxelles passaient au Mirano. On a eu Prince, un concert de Prince qui a fait chier son monde. On a eu aussi Grace Jones. J’ai dansé avec le chanteur de Van Halen, c’était fabuleux. Il m’a dit : « C’est la plus belle boîte que j’ai vue de ma vie. »

    Paul Sterck : C’est le public qui a fait le Mirano. Nous, on a proposé quelque chose, mais c’est eux qui ont fait le Mirano, c’est eux qui ont fait la réputation du Mirano, et c’est eux qui ont été des ambassadeurs à travers le monde.

    Aldo Gigli : Si c’était à refaire ? Je remets ça, ça, c’est sûr.