Zone 02 · 1 juin 2005 · Anne Hustache (texte) · Albert Baetens (texte) · Fanny Bouvry (texte) · Thomas Ghysselinckx (texte) · Arnaud De Cremer (photo) · Alexis Haulot (photo)
Article, Zone 02, 1 juin 2005 : « Fred bonus: "la Roller Parade fait un bien fou à la police..." » (Roller Parade).
Texte de l'article
02/A L'AFFICHE
par Anne Hustache, Albert Baetens, Fanny Bouvry et Thomas Ghysselinckx
photos Arnaud De Cremer et Alexis Haulot
ANIMATION
LE BELGIUM ROLLER TOUR DÉMARRE CE VENDREDI 3 JUIN
FRED BONUS: “LA ROLLER PARADE
FAIT UN BIEN FOU À LA POLICE..."
Gestes techniques précis, boule à zéro, Frédéric Bonus-Plumridge, dit Fred Bonus, est l'un de ces rois du roller qui, le week-end, arpentent le Bois de La Cambre. Ce 3 juin, il prendra les rennes du staff de la Roller Parade. Le patineur nous conte la success story de son sport fétiche.
Vous semblez être né avec des rollers...
Fred Bonus: J'ai commencé il y a 20 ans, en faisant du "quad", les patins à roulettes à l'ancienne. A l'époque, j'étais un loser, j'avais 15-16 ans et je patinais seul dans les rues. Parfois, je croisais un autre perdu, comme moi. Nous achetions notre matériel dans un magasin de la rue Bara, qui vendait des produits américains: frisbees, yo-yo, etc. Nous étions des hors-la-loi: nous ne pouvions circuler ni sur la rue, ni sur les trottoirs. Nous avons dû attendre janvier 2004 pour que le roller soit enfin reconnu comme usager de la route, au même titre que le cycliste.
Quand avez-vous découvert le roller in-line?
J'ai vécu à Londres et en Californie, où j'ai beaucoup appris. A l'époque, chaque pays avait son style, son "coup de patin". Je pouvais reconnaître de loin un patineur suisse d'un Anglais! Aujourd'hui, le roller a subi la globalisation et il y a moins de spécificités nationales. Un jour, à Londres, j'ai essayé les premiers Rollerblade in-line. J'ai eu la sensation de m'envoler. Mais, en fait, ce n'était pas vraiment une invention: les roues des premiers patins à roulettes, inventés vers 1890 par un Belge, étaient déjà alignées!
De retour en Belgique, vous vous êtes lancé dans la Roller Parade...
Il y a trois ans, j'étais l'un des patineurs les plus expérimentés de la capitale... Carl de Moncharline, qui a lancé l'événement, m'a repéré et m'a demandé de m'occuper du staff. J'ai ensuite recruté les staffeurs sur le terrain, lors de la première Roller Parade. Il ne fallait pas forcément choisir les meilleurs patineurs mais ceux qui pouvaient garder leur calme... rôle. Et, aujourd'hui, nous avons le luxe de pouvoir sélectionner les staffeurs et de choisir les meilleurs. Enfin, les policiers qui surveillent la manifestation sur patins ont, eux aussi, progressé.
Vous vous occupez également de leur formation...
Oui, trois mois par an, j'initie les volontaires. La police sur roller doit pouvoir gérer le flux des patineurs. C'est difficile pour eux car ils sont en uniforme et les gens n'attendent qu'une chose: les voir tomber... En tout cas, cette Roller Parade fait un bien fou à la police. Elle lui permet de se rapprocher du citoyen. Et vice et versa.
8.000 PARTICIPANTS
Quel souvenir gardez-vous de cette première parade?
Un souvenir mémorable. Carl et moi, nous nous étions fixé un but: si on rassemblait 150 personnes, notre mission était accomplie. Juste avant le départ, la place Poelaert était noire de monde. Il y avait un bon millier de participants. On n'en revenait pas!
Et comment a évolué la parade depuis?
Nous atteignons des pointes de 8.000 participants. Le niveau s'est amélioré. Dans les premiers temps, des personnes arrivaient le vendredi soir avec des patins neufs qu'ils déballaient sur place. Aujourd'hui, de plus en plus de gens patinent correctement. C'est chouette, même si on a perdu ce petit côté underground. Le staff a évolué aussi, il est devenu plus professionnel. Nous sommes 135 à encadrer l'événement à tour de
CA ROULE POUR LA POLICE
Peut-on rêver d'une patrouille roller dans la police alors?
Les autorités ne s'y opposent pas. La police circule déjà à roller dans le Bois de La Cambre. Mais, la topographie de la ville de Bruxelles ne se prête pas forcément à ce mode de déplacement: trop de pavés, de pentes... Paris est la Mecque du roller, avec ses grands boulevards plats et son bitume en super état.
Quels sont vos passages préférés dans ce circuit "touristique"?
Difficile à dire... Quand on passe dans le centre-ville, peut-être. Les gens aux terrasses nous applaudissent. Il y a un brouhaha qui s'élève dans la rue, le frottement des roulettes sur le sol, les cris... L'ambiance est bon enfant, et il n'y a pas d'élitisme, contrairement à d'autres événements du genre, en Europe. Et puis, il se passe plein de choses dans le cortège. Des couples se forment... Il y a même eu un mariage! (FB)
COMME SUR DES ROULETTES
Ce 3 juin, le Belgium Roller Tour reprend ses habitudes estivales: les mordus du patin prendront le départ de la première roller parade bruxelloise de l'été. Tous les vendredis jusqu'au 30 septembre, se sera le même rituel... Le départ sera donné de la place Poelaert, à 20h, s'il ne pleut pas. Les participants traverseront la capitale, selon un parcours variable d'environ 20 km. Deux conditions sont requises pour rejoindre le cortège: savoir contrôler sa vitesse et freiner. Les enfants peuvent également prendre part à l'aventure pour autant qu'ils portent des protections (conseillées pour les adultes aussi!) Il est, par ailleurs, possible de louer des rollers sur place (10€), dès 19h, ou au magasin Twin, de 15h à 17h. Pour ceux qui désirent varier les plaisirs, enfin, le Belgium Roller Summer Tour fait escale, en juillet et août, dans d'autres villes: le lundi à Hasselt, le mercredi à Ostende, le jeudi à Namur, le samedi à Mons et quatre dimanches à Coxyde. Belgium Roller, 02/227.27.24, www.belgiumrollers.com. Twin, chaussée d'Alsemberg 414b, 1180 Bruxelles, 02/346.97.98, www.twin.be
Photo: Alexis Haulot
02/01-07 juin 2005
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