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    Zone 02 · 3 juillet 2003 · par Cyrus Pâques (texte) · photos Lionel Samain (photo)

    Le Belgium Rollers passe par Bruxelles chaque vendredi Pour Carl De Moncharline, pas question que la ville patine

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    FR Hebdo Bruxellois Gratuit Hebdomadaire gratuit, nr. 6 (semaine 27) du mercredi 2 au mardi 8 juillet 2003 ZONE 02/ A GAGNER • Dommage collatéral (20 x 2) • Écran total (10 x 1) • Les enfants de la pluie (5 x 2) • Contes et récits dans un cimetière (5 x 2) • Soirée Bass Boogie au Fuse (5 x 2) • Any Way The Wind Blows (5 T-shirts, 5 cd, 20 frisbees) 02/CINE 02/CONCERTS 02/THEATRE 02/EXPOS 02/SHOPPING 02/RESTOS 02/FETES 02/JOBS 02/IMMO 02/AUTO EXPO PHOTO "J'AI PASSÉ 6 MOIS AVEC LES STONES" SHOPPING L'AVENTURE VOUS ATTEND! CARL DE MONCHARLINE RESSORT SA VIE ET SES ROLLERS ET AUSSI • KLINKENDE MUNT • CONTES ET RÉCITS AU CIMETIÈRE DE LAEKEN • VÉLOTAXI À L'ESSAI On l'adule ou on le haït. Certains, même, le trouvent très ambigu depuis son "coming-out socialiste". Quoi qu'il en soit, le suractif Carl de Moncharline assume son égo mousseux et fait régulièrement bouger la ville, comme (au sens propre) avec sa Belgium Roller. A CHAQUE JOUR SA VILLE À ROLLERS Plus de sept villes participent aux Belgium Rollers de cet été: Bruxelles (chaque vendredi), Liège (jeudi), Mons (samedi), Namur (mardi), Hasselt (lundi), Gand (mercredi) et Couvin (2 dimanches sur l'été). Les randonnées débutent à 20h et sont longues d'environ 20 kilomètres. Pour participer, il est indispensable de savoir freiner. Dixit les organisateurs: "Les trottinettes s'abstiendront, c'est plus sûr et leur conseilleront de s'aguerrir avant de revenir. Le parcours est déconseillé aux débutants. Ce roller assez vite et certains passages sont dangereux pour qui ne maîtrise pas un minimum sa vitesse et son freinage." D'ailleurs, "Pour ceux qui ne maîtrisent pas encore la technique, vous pourrez vous entraîner à Bruxelles dans la plus grande école de rollers en plein air, au bois de la Cambre au carrefour des Attelages, tous les samedis et dimanches de 11h à 17h." Comment se déroule ce Belgium Rollers Summer Tour 2003? Carl de Moncharline: Après le succès de l'année dernière, 7 villes participent à l'opération durant les 2 mois d'été liés aux vacances scolaires. Les balades sont organisées un jour par semaine, dans chacun des 7 villes (le vendredi pour Bruxelles). Notre vocation est d'organiser et d'envelopper les randonnées rollers, et par extension, de promouvoir le roller en tant que loisir, sport, moyen de transport. L'année passée, nous avons attiré 30.000 personnes sur l'ensemble de l'été. Des prévisions pour cette année? La fête, c'est tout. On va bien s'amuser. Comme pour vos autres activités, vous distribuez vous-même les flyers dans les cafés. Pourquoi? J'ai toujours assuré moi-même la promotion de mes activités. Essentiellement pour être certain que le travail soit bien fait. Vous maîtrisez également mieux vos projets, vous avez une meilleure vue d'ensemble sur le travail accompli, en voyant comment cela touche (ou pas) les gens. Vous observez aussi la manière dont les gens bougent, sortent, voyagent les commerçants vous donnent leur avis. Vous êtes amené à rencontrer des gens que vous ne croiseriez sans doute pas autrement. Vous obtenez donc des infos qui vous permettent de changer éventuellement les choses. Et vous vous placez en première ligne pour recevoir les critiques... Dès le moment où vous êtes actif, vous devenez visible et les gens ont un avis sur vous. C'est comme ça. Les critiques ne me touchent pas, mais j'en tiens compte, pour corriger certaines activités. J'ai plutôt confiance en moi. J'ai plutôt l'impression d'apporter aux gens des choses agréables et auxquelles, du reste, personne n'est obligé de participer. Mon idée est d'être épanoui et de susciter des activités qui apportent du plaisir. Les critiques les plus virulentes, les plus directes, émanent généralement, comme par hasard, de gens qui ne font rien. Je le demande: et toi, tu fais quoi? Eh bien, ils ont un vague projet qui traîne depuis 10 ans. Comment est-ce que tout ça a commencé? Je suis un autodidacte complet. Très tôt, je savais dans quel voie me diriger. À l'école, j'étudiais uniquement les matières qui m'intéressaient. Mes jobs d'étudiant me donnaient déjà du plaisir. Je travaillais au drive-in du Quick et je me servais comme sur une scène. À 18 ans, j'ai lancé une campagne de pub sauvage afin de placer des poubelles à Bruxelles, car il n'y en avait pas. J'ai plaqué des autocollants "Barbaies changez!" sur tous les feux rouges de la ville, ce qui a suscité la curiosité, avant d'en venir aux faits. C'était déjà un acte citoyen. Mes parents, qui sont artistes (peintre et sculpteur), m'ont d'ailleurs éduqué avec une prise de conscience citoyenne. C'est une chance? C'est ma vie. Une vie durant laquelle, à 34 ans, vous avez déjà réalisé un certain nombre de choses. Que s'est-il passé après cette première campagne? J'ai bossé dans une agence de pub durant 3 ans où j'ai planché sur des concepts, des stratégies d'événementiels destinés à Perrier, Swatch... Ensuite, je suis devenu directeur artistique du Mirano Continental où j'ai introduit la piste tournante et d'autres choses. J'ai développé ensuite le concept des Who's Who's Follies au Fuse (NLR: soirées travestis). J'ai travaillé en parallèle dans plusieurs boîtes à Paris (Les Bains, etc.). C'est alors que j'ai ouvert le Who's Who's Lond: le plus beau des paris. Il s'agissait de redonner vie à des sous-sols du théâtre à l'abandon, dans le moindre subside. Lorsque la boîte fut définitivement fermée, à la suite de démêlés avec la Ville de Bruxelles, et que je fus ruiné en quelque mois, je me suis investi en politique, au sein du PS et dans d'autres activités comme Immeubles en fête, la Roller Parada, les Fêtes du Progrès... Comment expliquez-vous qu'on vous ferme votre boîte? Et pourquoi taire, d'ailleurs? Bon, d'abord, la plupart des gens se disent: "pfft, la politique..." Mais la politique, c'est la vie de tous les jours. C'est très simple: moi, au lieu de peindre et de pleurer, j'ai décidé de me mettre au soin du parti politique qui me paraissait coller au mieux à mes idées, mes convictions. Au PS, j'ai rencontré la jeune garde, en attend des gens actifs. La fermeture du Who's Who's land reposait sur une mauvaise foi terrible de la part du bourgmestre de l'époque, François-Xavier de Donnea, et de son ministre de l'Urbanisme, Henri Simons. Leur vision de la ville était totalement contraire à la mienne: ils préconisaient la fermeture des [...] de minuit, les skaters étaient jetés du Mont des Arts, les concerts de rock étaient interdits sur la Grand'Place... La fermeture du Who's Who's Land m'a donc amené à me battre pour mes idées. J'ai pris plaisir à les défendre, ce qui m'a conduit au Parti Socialiste, au moment où Elio Di Rupo en a pris la présidence. Je me suis occupé de la stratégie de communication de la campagne communale (2000), puis de la campagne fédérale (en mai dernier). C'était quoi, le cœur du problème avec le Who's Who's? Un promoteur immobilier avait acheté un espace (concomitant de 10.000 m2) et il voulait en faire du logement. Les plans, approuvés par la ville, prévoyaient les chambres destinées aux enfants au cœur de la discothèque! Le bon sens des responsables politiques devait être de susciter un compromis entre ce nouvel arrivant et nous, qui étions déjà installés. Au lieu de quoi, nous avons eu des descentes de police terrifiantes. Nous étions sans sous-cendus et 5 ans plus tard, il n'y a toujours rien eu. Ils n'ont rien trouvé. Mais on a dû fermer. "LES GENS VEULENT UNE VILLE QUI BOUGE" Je me permets de me rappeler que les perturbateurs me paraissent particulièrement élevés... Les problèmes avec les perturbateurs sont provoqués dans 95% des cas par les gens. Les dérapages ne concernent que 5% des faits. Avant d'avoir ces problèmes avec la sécurité, vous étiez très nombreux. Ce ne sont pas du public qui ne parvient pas à se tenir, qui manque de respect. Vous avez cette proportion dans tout rassemblement. Quand vous gérez de l'humain, il y a toujours une possibilité de dérapage. Mais on ne traite sur ce qui va mal, alors que la vie continue. Le danger, la vie, ce ne sont pas uniquement les mauvaises du nouvelles du JT, ce n'est pas la vraie vie. C'est disproportionné. Bon bon, mais tous de même... Les descentes n'ont rien donné et le reste, c'est du pipo. Le constat, c'est qu'aujourd'hui, le Who's Who's Land n'existe plus tandis que le promoteur fait ce qu'il veut, oui. Cela dit, je me réjouis également de constater le rejet des politiques menées par messieurs de Donnea et Simons. Tous deux ont été secoués lors des élections législatives dernières. Plus personne ne veut de ces 2 hommes politiques tandis que pour ma part, j'organise des activités qui mobilisent beaucoup de Bruxellois. Je suis donc content de voir que les gens préfèrent une ville qui bouge. Ce qui importe, c'est l'état d'esprit. Avant, nous avions une ville sans vie. Aujourd'hui, il y a de la vie. La plus belle victoire, c'est le combat d'idées. C'est un combat solitaire? Pas du tout! J'ai toujours travaillé en collaboration avec d'autres personnes, en m'appuyant sur leurs talents. C'est important de partager des projets. Je n'ai pas toutes les compétences. Je m'entoure de gens qui ont leurs compétences et cela permet de faire aboutir les choses. On s'en fout que l'idée vienne de moi ou de quelqu'un d'autre. Beaucoup d'idées, de toutes manières, sont importées, transformées, recyclées. S'agissant des campagnes du PS, il est clair qu'il s'agit d'un travail d'équipe. Les idées sont débattues, contestées, remaniées pour être améliorées. Faut toujours rester à l'écoute. Pour organiser les Fêtes du Progrès nouvel et mouture, il a fallu convaincre les organisateurs de soirées bruxelloises que quelque chose pouvait être fait avec le PS: ceux du Croco, de Les Bains, ceux de Cromo et Gusto et d'autres encore, en mai dernier, au Botanique. Et c'est Épicure. Épicure? Je vis pour le plaisir, le mien et celui des autres. J'essaie de faire en sorte que les autres profitent de mon enthousiasme. C'est beaucoup de travail mais j'aime ça. Et qu'il s'agisse d'Immeubles en fête, des Rollers ou du clubbing, ces activités ressortent de "l'entertainment", du loisir. Je suis également très franc avec les gens. Je leur dis ce que je pense; cela m'autorise, par la suite, à répéter le même discours à d'autres personnes. Ainsi, je n'apprécie pas la décoration des Galeries Louise, je la trouve particulièrement pompeuse et ringarde. Eh bien, au patron des Galeries, je lui dis: tes galeries, c'est le palais de Saddam Hussein! Pxitt! Belgium Rollers. A Bruxelles: chaque vendredi jusqu'au 29 août, au départ du Carrefour des Attelages (Bois de la Cambre). Rassemblement à 20h, démarrage à 21h. Annulation en cas de pluie. Infoline: 0930/24.064 (0,15e/min). www.belgiumrollers.com CARL DE MONCHARLINE EN 5 DATES 1ER DECEMBRE 1957. Naissance de l'avion de Mon De Rijk, sculpteur, et de la peintre Charlie Mahy. En hommage à ses parents, Carl De Rijk se rebaptisera plus tard De Moncharline. 1981. Il se fait remarquer avec sa campagne d'affichage sauvage "Barbaies changez!" 1992. Il entre au Mirano où il lancera les soirées Who's Who's Follies en '94. 1996. Ouverture de très "hype" Who's Who's Land (rue du Poinçon, dans le centre ville) qui, suite à une saga politico-urbanistique, ferme définitivement en août 2002. 2002. Conseiller en stratégie et en communication au PS (pour les législatives), Immeubles en fête, Fête du progrès, 2e Roller Parade lancée en 2002. "Je suis quelqu'un de franc. Par exemple, je n'apprécie pas la décoration des Galeries Louise. Et bien je le dis: je les trouve pompeuses et ringardes. On dirait le palais de Saddam Hussein!"

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