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    La Dernière Heure · 13 septembre 2003 · Mathieu Ladevèze (texte) · WPI (photo)

    Taïg Khris sous les feux de la rampe

    Article, La Dernière Heure, 13 septembre 2003 : « Taïg Khris sous les feux de la rampe » (Roller Parade).

    Texte de l'article

    A 28 ans, ce jeune prodige du roller-in-line a remporté toutes les compétitions majeures de la planète BRUXELLES ▼ Une maman grecque et sculpteuse, un papa algérien et homme de théâtre, le mélange des genres a fait naître un beau bébé dans la famille Khris: Taïg, champion du monde multirécidiviste de roller-in-line sur rampe. Vous savez, ces jeunes rebelles qui réalisent des figures incroyables sur un plateau incurvé en parquet... Non content d'être l'un des meilleurs de sa catégorie, Taïg Khris affiche une bonne humeur et une gentillesse à toute épreuve. Son sport, il l'a découvert en se baladant à Paris durant ses temps libres. Du temps qu'il avait à foison puisque ses parents ne l'ont jamais inscrit à l'école. "Mes parents m'ont toujours laissé profiter du temps présent. Mon frère et moi avons découvert le roller alors que nous n'avions que 5 ans." "Nous nous promenions du côté du Trocadéro, à Paris, lorsque nous sommes tombés sur des jeunes en patins à roulettes. Il y avait une ambiance de folie. Nous sommes rentrés à la maison et avons demandé à nos parents de nous acheter des patins à roulettes." Depuis, Taïg Khris ne les a plus quittés. Il a même révolutionné ce sport en inventant une tonne de figures les plus acrobatiques les unes que les autres. Cela ne l'a pas empêché de galérer et même de ne plus chausser de patins pendant deux ans. Jusqu'en août 1996, date à laquelle il terminera 5e d'une compétition internationale de roller. "J'ai découvert la tenue de cette compétition deux mois avant, explique Taïg. Je me suis inscrit en vitesse, suis allé acheter des rollers à roues alignées. Je n'en avais encore jamais utilisé et me suis entraîné comme un fou pendant deux mois. C'est à l'issue de cette compétition que j'ai signé mes deux premiers sponsors." Deux sponsors qui vont l'aider à traverser l'Atlantique et enfin affronter les Américains. "Les USA avaient développé leur sport en parallèle, sans vraiment se soucier de ce qui se passait chez nous. Idem de notre côté. Cela fait seulement une dizaine d'années que nous nous côtoyons. Et franchement, je reste persuadé que les Français gardent une longueur d'avance." Pourtant, rares sont ceux qui réussissent à vivre réellement de ce sport. La plupart courent après les sponsors. D'autres ont un job à côté. Taïg Khris fait encore aujourd'hui figure d'exception dans le petit monde de la rampe. "Rester huit ans au top, en évitant blessures et monotonie, je vous garantis que cela n'est pas évident. En France, je connais une dizaine de types qui réussissent à en vivre. Mais notre statut évolue doucement. L'objectif aujourd'hui est de sensibiliser les jeunes. Qu'ils voient que l'on peut vivre en pratiquant ce sport. Qu'ils voient que ce sport est avant tout synonyme de liberté." Et pour joindre le geste à la parole, Taïg Khris parcourt la France à la rencontre des jeunes. Certaines écoles de roller portent déjà son nom. Et le Club Med a lui aussi ouvert des écoles de roller dans quelques-uns de ses villages. Cette notoriété sans cesse croissante s'est même traduite par la réalisation d'un jeu vidéo à son nom disponible sur X Box, Game Cube et Play Station. La classe pour Taïg qui a passé une bonne partie de sa jeunesse sur les consoles de jeu. Comme quoi, ne pas aller à l'école a parfois du bon...

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