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    Mirano Continental · Bruxelles

    Tokyo Party

    December 24th, 31st 1994-95

    Les deux nuits japonaises du Mirano Continental, Noël et Nouvel An 1994-95. Cette série réunit les photographies de la soirée, la fabrication du Goldorak géant de plus de 10 mètres de hauteur imaginé par Carl De Moncharline et installé dans le club, ainsi que les objets de l'époque : les blocs-notes du vestiaire de Momo (Monique Van der Weehe) et la carte de visite en forme de logo Pepsi Cola.

    Le flyer

    Le flyer de la soirée, recto et verso. Direction artistique Carl De Moncharline, création La Shampouineuse, illustrations manga d'Olivier Boscovitch. L'exemplaire est conservé dans les collections du MAD, Musée des Arts Décoratifs de Paris, sous le n° d'inventaire 2018.83.45.

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    La soirée

    Mirano Continental, 38 chaussée de Louvain, Bruxelles - les 24 et 31 décembre 1994.

    Les débuts des effets spéciaux en discothèque

    Au début des années 1990, les effets spéciaux en discothèque en sont encore à leurs balbutiements. Grâce à son expérience avec la société anglaise Lemaitre Ltd, alors référence mondiale de la pyrotechnie d'intérieur, l'équipe dirigée par Yves Croiset, qui avait fait ses armes au Théâtre royal de la Monnaie, maîtrise déjà les effets utilisés dans les théâtres et les grands spectacles.

    Mais un effet inédit reste à imaginer : transposer la tradition festive du confetti, chère aux carnavals belges, dans l'univers du club. Les systèmes de projection de confettis n'existent pas encore. Carl De Moncharline sollicite alors Olivier Van Cleemput, avec lequel il collabore régulièrement. Fils du maître artificier George-Alain Van Cleemput, dont l'entreprise familiale fondée en 1886 réalisait notamment les grands feux d'artifice du Nouvel An à Bruxelles, Olivier met son savoir-faire au service de cette recherche.

    Dans son atelier, plusieurs essais sont réalisés pour mettre au point un système capable de propulser des confettis au-dessus du public. Les premiers tests avec des confettis classiques, trop lourds et trop compacts, conduisent à utiliser de grands pétales plus légers, créant un effet aérien spectaculaire qui fera sensation au Mirano.

    Mis au point antérieurement à cette soirée, ces mortiers sont d'abord employés dans les productions nomades de Carl De Moncharline, les Who's Who's Follies, à Bruxelles comme à Paris, puis dans les soirées dont il assure la direction artistique au Mirano Continental. Le principe sera ensuite progressivement repris, perfectionné et industrialisé : aux mortiers d'origine, imposants, succéderont des dispositifs plus compacts et autonomes, les canons à confettis, aujourd'hui d'usage courant dans les spectacles et les événements à travers le monde.

    La lumière

    De part et d'autre du Goldorak, des Trilight équipés de Svoboda encadrent la structure. Imaginé par le scénographe tchèque Josef Svoboda (1920-2002), ce projecteur réunit neuf lampes halogènes de 250 W montées en série en basse tension (24 V) et produit un faisceau étroit et très puissant. Alignés côte à côte, ces appareils composent de véritables murs de lumière, une ligne lumineuse qui a marqué l'esthétique des discothèques des années 1990.

    La mise en scène lumière est signée Yves Croiset, directeur technique du Mirano Continental, avec Fréquence Son et Lumière, prestataire et partenaire de la soirée. Fondée par Didier Streel, la société s'est d'abord fait connaître en Belgique par l'organisation des soirées Fréquence avant de devenir une référence du son, de l'éclairage et des effets spéciaux pour les discothèques et les grands événements. Aux commandes, les responsables lumière Yves Claes et Bertrand Stevens, qui lancent les faisceaux laser en réponse aux samples « Rétrolaser » envoyés par le DJ.

    Olivier Van Cleemput réalise également des feux scintillants montés sur de longues perches, une charge d'aluminium et de poudre déclenchée électriquement au-dessus du public.

    Samples « Fulguropoing » & « Astérohaches »

    Les boîtiers de samples appartiennent alors au seul monde forain. Un modèle à touches, chargé des répliques de Goldorak (Fulguropoing, Cornofulgure, Planitron, Pulvonium, Astérohaches, Rétrolaser), est installé en cabine.

    Fabrication du Goldorak de plus de 10 mètres

    Le projet naît d'une proposition de Carl De Moncharline : installer un Goldorak géant au-dessus du dancefloor. Quatre métiers se répondent pour lui donner vie - le décor, le son, la pyrotechnie et la lumière. Compte tenu de la hauteur des plafonds du Mirano Continental, la réalisation est confiée au décorateur Pierro Vandermeeren, assisté de son fils Laurent Oswald. La figure dépasse les dix mètres de hauteur : les éléments sont sculptés en atelier puis assemblés sur place, au Mirano Continental.

    Le montage au Mirano Continental

    Les éléments sculptés quittent l'atelier par pièces séparées et sont assemblés sur place, au-dessus du dancefloor. Un échafaudage monté pour l'occasion permet de hisser et de fixer la figure ; il est démonté avant l'ouverture et ne fait pas partie du décor.

    Le Polaroid

    Inventé par Edwin H. Land et lancé en 1948, le Polaroid a révolutionné la photographie en donnant une image en quelques minutes, sans laboratoire. Symbole des années 1970 à 1990, l'appareil instantané a marqué la culture populaire, les soirées et les souvenirs personnels par son côté spontané : chaque cliché est une pièce unique.

    Objets & mémorabilia

    Les blocs-notes placés à côté du vestiaire de Momo (Monique Van der Weehe) servaient au public à se laisser des messages : le téléphone mobile n'avait pas encore l'usage qu'on lui connaît aujourd'hui. Leurs textes sont signés Philippe Thito, copywriter belge passé par HHD Ogilvy & Mather, Kadratura, LHHS, DDB, McCann Erickson, Y&R Brussels et Grey Brussels, aujourd'hui directeur de création chez Mostra. S'y ajoute la carte de visite de Carl De Moncharline, découpée en forme de logo Pepsi Cola : à chaque soirée correspondait une nouvelle carte, conçue dans l'esprit graphique de la nuit, comme une signature.

    Momo (Monique Van der Weehe)

    Momo (Monique Van der Weehe)

    Vestiaire du Mirano Continental. Partie rejoindre les étoiles en 2024.

    Crédits photographiques

    • Frédéric Leemans

      Photographe né en 1966, actif dans les clubs belges depuis plus de trente-cinq ans ; son travail a été présenté dans l'exposition « Night Vision : 25 ans de clubbing made in Belgium ».

      Contexte

    Crédits

    Administrateurs
    Marco Rolland, Paul Sterck
    Directeur
    Jean-Pierre Mels
    Directeur artistique
    Carl De Moncharline
    Directeur technique
    Yves Croiset
    Chef décorateur
    Aldo Gigli
    Création graphique du flyer
    La Shampouineuse
    Illustrations manga
    Olivier Boscovitch
    Décor Goldorak
    Pierro Vandermeeren
    Assistant décor
    Laurent Oswald
    Textes des blocs-notes
    Philippe Thito
    Responsables lumière et laser
    Yves Claes, Bertrand Stevens
    Son et lumière
    Fréquence
    Artificier
    Eelco de Jong
    Pyrotechnie et mortiers à confettis
    Olivier Van Cleemput
    DJs
    Olivier Gosseries, Jos, Olivier Tjon, Petit Pascal, Philippe Petit
    Illusionniste
    Ashras (production No Limits)
    Vestiaire
    Monique Van der Weehe, dite Momo

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    Vous avez photographié une soirée au Mirano Continental, aux Who's Who's Follies au Fuse en Belgique, au Queen, aux Bains, au Palace, au Folies Pigalle, au Palace à Paris, au Who's Who's Land, au Wood, au Flore, à l'Impérial ou dans un autre lieu où Carl De Moncharline organisait des soirées ? Vous détenez peut-être un négatif, un tirage original ou un fichier en meilleure résolution que celui présenté ici. Chaque cliché est un témoignage : votre envoi aide à documenter ces nuits et les rend visibles dans l'archive.

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