BXLpositive.news · 6 octobre 2026 · Les branchés de la capitale
Les branchés de la capitale : Sébastien Boussois, le nouveau rédacteur en chef de Pan.
Il veut réveiller l'emblématique titre satirique créé en 1945 et l'ouvrir à la France.
Par Carl De Moncharline
Texte de la publication
Il y a quelque chose d'assez paradoxal dans le parcours de Sébastien Boussois. Docteur en sciences politiques, spécialiste du Moyen-Orient et longtemps identifié à la gauche, le voilà aujourd'hui à la tête de Pan, titre historique de la presse satirique belge plutôt réputé pour ne pas pencher de ce côté-là. Recruté par le bouillonnant John-Alexander Bogaerts, propriétaire du journal, il assume ce grand écart qui, manifestement, ne l'effraie pas.
Nouveau rédacteur en chef depuis quelques mois à peine, il entend réveiller le journal, lui donner une nouvelle impulsion et surtout élargir son terrain de jeu jusqu'à la France. Rencontre avec un homme qui, depuis son arrivée à Bruxelles en 2007, n'a cessé de circuler entre politique, médias et culture.
Une ligne éditoriale assumée
Quand je lui demande quelle ligne éditoriale il entend donner à Pan, sa réponse fuse : « On veut faire le franc-tireur de droite. »
Une ligne assumée, critique du progressisme et du wokisme, mais qui ne consiste pas simplement, selon lui, à prendre le contre-pied des médias dominants. Il veut surtout approfondir certains sujets et proposer une autre lecture de l'actualité.
Une ambition qui passe aussi par une certaine conception du journalisme. Et sur ce point, Boussois ne s'embarrasse guère de faux-semblants.
« L'objectivité du journalisme, pour moi, c'est totalement bidon »
Sébastien Boussois ne croit guère à l'idée d'un journalisme totalement neutre.
« L'objectivité du journalisme, pour moi, c'est totalement bidon. Ça n'a aucun sens. »
Pour lui, les grands titres de presse ont toujours été traversés par des sensibilités et des lignes éditoriales. Ce qui a changé, c'est la fragmentation du paysage médiatique et l'apparition d'une multitude de nouvelles voix.
Il porte d'ailleurs un regard nuancé sur les médias traditionnels. Leur perte de crédibilité ne serait pas uniquement liée à leurs choix éditoriaux, mais aussi à la diminution de leurs moyens et de leur capacité à aller enquêter sur le terrain.
Pan entend occuper cet espace avec une voix différente, sans pour autant prétendre se substituer à la justice. Pour Boussois, l'enquête journalistique est indispensable, mais elle ne doit pas devenir une « justice médiatique ».
Le papier, mais à l'heure des réseaux
Le paradoxe est évident : prendre les commandes d'un journal papier au moment où l'information circule à la vitesse des réseaux sociaux.
Et pourtant, Boussois défend le papier. « Un journal papier, il a le mérite d'être physiquement là, dans les archives et dans la mémoire. »
Mais il sait aussi que l'avenir passe par le numérique. Pan dispose déjà d'une communauté significative sur Facebook et certains sujets rencontrent un véritable écho. L'objectif est désormais de structurer cette présence, de développer le site, le référencement et les réseaux sociaux.
Il parle d'une « urgence du réarmement communicationnel et informationnel ». Une formule qui traduit bien le défi : conserver la force d'un hebdomadaire tout en apprenant à exister dans le temps réel.
« Les Belges doivent faire leur deuil »
C'est peut-être le changement le plus symbolique.
Pan ne veut plus se penser uniquement comme un journal belge. À son arrivée, Boussois fait modifier la présentation du titre : de « journal belge depuis 1945 », Pan devient « journal francophone depuis 1945 ».
La raison est simple : le marché belge est étroit et les débats traités par le journal dépassent largement les frontières du pays.
« J'aimerais avoir trois-quatre points de vente à Paris », explique-t-il.
Il ne s'agit donc pas pour lui de quitter Bruxelles, mais d'élargir considérablement le terrain de jeu de Pan. La France devient une nouvelle perspective de développement, avec des sujets et des signatures capables de toucher un public plus large.
Français d'origine, aujourd'hui naturalisé belge, installé à Bruxelles depuis 2007 et passé notamment par l'ULB pour son post-doctorat, Boussois possède naturellement cette double lecture.
Bruxelles, Paris et un nouveau chapitre pour Pan
Son regard sur la Belgique a pourtant évolué. Après près de vingt ans à Bruxelles, il se montre aujourd'hui très critique sur l'avenir du pays et estime que certaines batailles culturelles et politiques se joueront davantage en France.
« Je pense que je préfère aller me battre en France », dit-il.
Dans le contexte de notre conversation, la formule ne signifie pas qu'il souhaite abandonner Bruxelles. Elle prend plutôt tout son sens lorsqu'il parle de Pan : il veut donner au titre les moyens de dépasser son marché historique et d'aller chercher de nouveaux lecteurs au-delà de la frontière.
Reste une question : avec quels moyens ?
C'est finalement la question qui accompagne toutes les ambitions de Boussois.
Il est arrivé à la tête de Pan depuis environ trois mois avec beaucoup d'idées, une stratégie numérique, l'envie de développer le Club de Pan, de renforcer les réseaux sociaux et de faire vivre le titre au-delà de son lectorat traditionnel.
Mais une stratégie éditoriale ne suffit pas. La distribution, le numérique, le référencement, la communication et le développement commercial représentent autant de chantiers à mener pour transformer cette ambition en réalité.
C'est probablement l'une des clés de la suite de l'aventure.
Car Sébastien Boussois n'est pas arrivé chez Pan pour simplement accompagner un titre historique. Il veut élargir son audience et tenter une nouvelle aventure francophone.
Le pari est audacieux. Et trois mois seulement après son arrivée, la nouvelle dynamique est déjà bien engagée.
Une chose est certaine : le nouveau rédacteur en chef a déjà reconnecté Pan à une ambition qui dépasse largement les frontières belges.
À propos de cette interview
Entretien réalisé par Carl De Moncharline, le 6 septembre 2026 à Bruxelles, avec l'aide de Plaud.ai pour l'enregistrement et la transcription, puis d'outils d'intelligence artificielle pour la mise en forme rédactionnelle. Notre rédaction assume pleinement l'utilisation de ces technologies : elles permettent de gagner du temps et de restituer les échanges avec davantage de fidélité. Les propos ont été réorganisés et légèrement reformulés pour faciliter la lecture, sans volonté d'en modifier le sens. L'intelligence artificielle reste un outil au service du journaliste, et non un substitut à la rencontre humaine.
Crédits
Texte : Carl De Moncharline, pour BXLpositive.news (6 octobre 2026), avec l'aide de Plaud.ai pour l'enregistrement et la transcription, puis d'outils d'intelligence artificielle pour la mise en forme rédactionnelle, comme indiqué dans l'article. Photographie : © photos transmises à la rédaction par Bernard Frisque. Éditeur responsable : Bernard Frisque, président de l'ASBL BXLOVE NEWS PRESSE IA (BCE 0747.549.997, rue des Pierres 31/04, 1000 Bruxelles).
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