Le Soir · 15 octobre 1991 · Martine Duprez (texte)
La note bleue ensoleille les enfants
Trente-sept musiciens, parmi lesquels Jacques Pelzer, Paul Dubois, Paolo Radoni, Vivi Mardens, Phil Abraham, Philippe Aerts, Bruno Castellucci, Jan Dehaas, Richard Rousselet et Diederick Wissels, se réunissent au Mirano Continental le vendredi 18 octobre 1991 pour la sixième nuit du jazz. Tous jouent gratuitement au profit de l'ASBL « Et si vous preniez un enfant en vacances... », qui offre depuis 1986 des séjours en famille d'accueil à des enfants de 3 à 12 ans issus de milieux défavorisés.
Texte de l'article
La sixième nuit du jazz au Mirano
LA NOTE BLEUE ENSOLEILLE LES ENFANTS
Jacques Pelzer, Paul Dubois, Paolo Radoni, Vivi Mardens, Phil Abraham, Philippe Aerts, Bruno Castellucci, Jan Dehaas, Richard Rousselet, Diederick Wissels... Du beau monde. Au total, 37 musiciens. Une brochette de ceux qui font le gratin du jazz belge, réunis au Mirano Continental, ce vendredi 18 octobre, à partir de 20 h 30. Be Bop, Dixieland, Modern Jazz... Des noires, des blanches et des syncopées pour satisfaire tous les goûts.
C'est cela la 6e nuit du jazz. Une grande fête de la musique, qui se terminera en apothéose, aux petites heures, par une traditionnelle jam session. Mais c'est aussi une grande fête de la solidarité. Tous les musiciens viendront jouer gratuitement. Ils mettront leurs instruments et leur talent au service de l'ASBL « Et si vous preniez un enfant en vacances... ». Tous les bénéfices de la soirée iront d'ailleurs à l'association.
- Je joue moi-même du saxe, explique Jean Daliers, l'une des chevilles ouvrières de l'ASBL. Beaucoup de musiciens sont des amis et participent depuis plusieurs années à cette nuit du jazz. Cette année, nous espérons réunir un public d'environ 1.000 personnes.
L'association est née en 1986 dans un but bien déterminé : offrir à des enfants (entre 3 et 12 ans) de milieux socio-économiques défavorisés des vacances dans une famille d'accueil.
Beaucoup d'enfants vivent une vie familiale difficile, sans la présence des parents ou avec des parents violents, poursuit-il. Ils ne savent pas ce qu'est une famille. Il est rare qu'ils puissent la recréer avec leurs propres enfants. Les placer dans une famille d'accueil, c'est élargir leur horizon.
Les familles d'accueil sont bénévoles, comme la plupart des membres de l'association.
- Le choix de la famille se fait dans l'intérêt de l'enfant, précise Catherine, la femme de Jean Daliers. Dans 65 % des cas, les enfants retournent chez les mêmes parents d'accueil. Mais parfois le séjour est plus ponctuel et court : un week-end ou quelques jours seulement. L'impact de ces séjours est bénéfique pour l'enfant à plusieurs niveaux : sa santé, ses études, sa personnalité s'en ressentent. Nous faisons un travail de prévention.
Chaque année, une cinquantaine d'enfants prennent ainsi des vacances en Belgique ou à l'étranger. France, Espagne et même Afrique : un petit garçon, l'an dernier, est en effet parti au Sénégal.
MARTINE DUPREZ
Légende photo : La contrebasse de Philippe Aerts pour envoûter les harmonies de la bande de jazzeurs de cette nuit du bop au Mirano.
Encadré : La 6e nuit du jazz, Mirano Continental, chaussée de Louvain, 38, 1030 Bruxelles. Entrée : 400 F. Prévente : 350 F chez Music Inn, chaussée de Waterloo, 1354, 1180 Bruxelles, tél : 02/375.19.36. « Et si vous preniez un enfant en vacances... », rue Blanche, 29, 1050 Bruxelles, tél : 02/538.51.35. ou 537.90.55. ou 384.58.56.
Le Soir, 15 octobre 1991
Note de contexte
Le Soir, 15 octobre 1991. Article signé Martine Duprez. La soirée se tient au Mirano Continental, dirigé par Jean-Pierre Mels, à l'époque où Carl De Moncharline y produisait les nuits. Le texte d'origine est en français ; les versions dans les autres langues du site en sont la traduction.