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    La Tribune de Bruxelles · 19 juillet 2003 · STÉPHANIE DEVLÉSAVER (ST) (texte)

    La fête nationale s'éparpille dans la ville

    Article, La Tribune de Bruxelles, 19 juillet 2003 : « La fête nationale s'éparpille dans la ville » (Roller Parade).

    Texte de l'article

    Pour les dix ans de règne d'Albert II, ce 21 juillet s'épanche dans divers quartiers. Bruxelles se redécouvre au fil d'un parcours animé. Place Poelaert inondée de soleil... De touristes aussi. Clic, Mamy a sa photo souvenir. Derrière elle, deux soldats de pierre restent bras croisés, sans broncher. Après avoir observé des vaches en polyester brouter le macadam de la ville, plus rien ne les étonne. Pourtant, sur cette place, comme dans d'autres rues de Bruxelles, le 21 juillet réserve de nouvelles surprises. Caisses à savon, rollers, motos, défilés folkloriques ou féeriques... “Nous avons choisi toutes les activités de cette fête dans un esprit de grande manifestation populaire. Nous avons voulu faire plaisir à l'ensemble des Belges”, précise Sophie Dupavé, de l'agence Ants, organisatrice du 21 juillet. Toucher le plus grand nombre, cela signifie aussi élargir le périmètre des festivités. Grande nouveauté: après s'être étendue du Parlement au Palais de justice, la "fête au parc" descend cette année jusque dans les Marolles (voir infographie p. 8). Un bal aux puces Tranquillement blottie en contrebas de l'imposant édifice dessiné par Joseph Poelaert, la place Brueghel s'animera grâce à la magie du cirque. Et à la parade de jeunes en tenue brueghelienne, folklore des Marolles. Pour Marie-Jeanne Falisse, habitante qui confectionne les costumes, “c'est l'âme bruxelloise qui peut enfin participer à la fête nationale. Les Bruegheliens étaient des bons vivants, ils représentaient le cœur du peuple belge. Aujourd'hui, c'est un honneur de pouvoir prendre part au cortège comme représentants de notre quartier”, s'exclame-t-elle. Autres parades conviées à ce rendez-vous festif: les géants de Saint-Guidon, les Cht'Tiganza aux sonorités brésiliennes, la fanfare bruxelloise du Meyboom, l'Ordre des Tchats de Chapelle-lez-Herlaimont... “On a voulu représenter les différents coins de la Belgique, ses folklores avec, en plus, quelques touches exotiques”, raconte Carine Verstraeten, de Bruxelles Promotion. Au coin de la rue Haute et de la rue des Renards, c'est la plongée vers la place du Jeu de Balle et son bric-à-brac des plus fantaisistes: montagnes de vêtements, vieilles bécanes et poupées aux visages sales. Ici, on scrute, on marchande, on se raconte... A l'annonce d'un bal populaire sur l'emplacement du marché aux puces, Eva, antiquaire de la rue Blaes, intervient: “un bal, c'est rigolo, c'est une bonne idée pour réunir tout le monde.” Mais elle ajoute que la plupart des activités du quartier se soldent par un échec. “Et ça, c'est triste. Généralement, on ne tient pas compte de la complexité du lieu, les jeunes immigrés se sentent exclus...” Si l'objectif de la fête nationale est de rassembler les Belges, elle veut aussi faire découvrir les multiples facettes de la ville. Par-delà la rue Blaes, les tours de Notre-Dame du Sablon annoncent un autre paysage: les pas deviennent plus pressés, les parterres de fleurs mieux alignés. Au-dessus du parc du Petit Sablon, la beauté architecturale du palais d'Egmont se laisse deviner à travers les grilles de sa porte d'entrée. Barrières qui s'ouvriront le 21 juillet sur la cour intérieure pour deux concerts, l'un classique, l'autre clownesque destiné aux enfants. Casernes de rappeurs Quelques pas plus loin, on entre dans la rue des Petits Carmes, où se dressent les anciennes casernes prince Albert. Vaste terrain laissé à l'abandon, on est loin du style Renaissance du palais d'Egmont. No man's land insoupçonné, il dégage pourtant un charme insolite. Son atmosphère “destroy” et décalée accueillera un immense roller park et quatre DJ, maîtres du hip hop, qui feront revivre le site. Le choix de ces lieux n'est pas un hasard. Selon Sophie Dupavé, “ils sont à la fois le reflet de la jolie simplicité belge et de la grande beauté de la ville, souvent ignorée”. Cela n'empêche pas de laisser au parc de Bruxelles le clou de la soirée: “Chaque année, je viens voir le feu d'artifice avec mes petits-enfants”, confie Huguette, assise à l'ombre des arbres du jardin. Traditions...

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