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    La Libre Belgique · 12 novembre 1992 · Olivier Mouton (texte) · Th. Rogé (photo)

    La magie de l'éphémère fête son anniversaire

    La Libre Belgique, 12 novembre 1992 : « La magie de l'éphémère fête son anniversaire ». Article d'Olivier Mouton, photo Th. Rogé : Eric De Staercke et Jean-Marie Cuvelier dressent le bilan des dix ans de la Ligue d'improvisation belge.

    Bilan des dix ans de la Ligue d'improvisation belge, née en 1984 dans les halles de Schaerbeek. Depuis, près de 200 000 spectateurs ont suivi les matchs dans les salles du Mirano Continental et du Cirque royal, avec cent vingt comédiens professionnels et quelque 2 500 thèmes joués. Eric De Staercke et Jean-Marie Cuvelier reviennent sur le succès de ce « théâtre sportif », sur la comparaison avec le Québec et sur la volonté de décentraliser l'impro vers la province. Le Mirano Continental, dirigé par Jean-Pierre Mels, accueillait les matchs à l'époque où Carl De Moncharline y produisait les soirées.

    Texte de l'article

    Improvisation LA MAGIE DE L'ÉPHÉMÈRE FÊTE SON ANNIVERSAIRE Après dix ans de succès, la Ligue d'improvisation se développe. Un bilan teinté de maturité. La Ligue d'improvisation belge fête dix années de joutes verbales échangées sur la patinoire du plaisir. Au long de cette décennie, ce « théâtre sportif » s'est imposé auprès du grand public et a amené un certain nombre de comédiens sous les feux de la rampe. À l'heure du bilan, Eric De Staercke et Jean-Marie Cuvelier sont certainement deux des plus routiniers de l'Impro. Deux des plus populaires également. Voyage verbal au travers des années folles. - Vous jouez respectivement depuis huit et dix ans. La passion ne s'érode-t-elle pas ? - Eric De Staercke. Pour moi, l'improvisation est la récréation du théâtre. Sans plus. Cela me permet aussi de beaucoup travailler la spontanéité et, les répétitions sont aussi importantes que le spectacle lui-même. Certains de ceux qui sont partis au long de ces dix années s'investissaient peut-être trop en estimant qu'il s'agissait d'un « truc » total. - Jean-Marie Cuvelier. Ce sont des comédiens qui n'ont peut-être pas toujours accepté le jeu dans son entièreté. Au Québec, berceau de l'impro, il s'agit d'une récréation ludique, dans laquelle la dimension « spectacle » est prédominante. Pour moi, il faut se prendre au jeu de la compétition tout en sachant que c'est pour le show. Même si, pour moi, c'est plus qu'une récréation parce que je m'investis dans son fonctionnement. - E. De Staercke. On ne se rend pas compte à quel point, au Québec, l'éducation théâtrale n'a aucune importance. Là-bas, ils éclatent toutes les structures : le rideau rouge, les trois coups... n'existent pas. En Belgique, nous sommes beaucoup plus habitués à une mise en scène mais nous apportons par ailleurs un côté irrespectueux, surréaliste. - Très vite, dans notre pays, l'impro a connu un succès retentissant. Explication ? - E. De Staercke. L'improvisation, c'est le cirque, la comedia dell'arte, cela tend même vers la B.D. Plus que le théâtre, c'est un spectacle qui ne peut que répondre aux attentes du public. Il est rythmé et interactif en faisant intervenir les spectateurs par le vote, le lancement des chaussons... - J.-M. Cuvelier. Dans le public, il y a de véritables fans. Je me souviens par exemple d'une « madame Chapeau » qui est venue pendant quelques années assister à tous les spectacles. L'important, c'est que cela amène certains d'entre eux à se rendre par après au théâtre, parce qu'ils en ont une autre image. - Dix ans, c'est l'heure du bilan ? - E. De Staercke. L'improvisation part aujourd'hui un peu dans tous les sens. Elle touche de plus en plus les jeunes, surtout dans l'enseignement secondaire. C'est une bonne chose, mais cela doit être bien géré. Il reste par ailleurs énormément de possibilités. Dans les prochaines années, l'objectif sera de décentraliser l'impro vers la province. - J.-M. Cuvelier. L'essentiel sera de préserver ce qui fait le succès de l'impro : la magie de l'éphémère. Jamais aucun grand spectacle n'a été filmé, c'est cela qui en fait la force. Olivier MOUTON. Légende photo : Eric De Staercke (à gauche) et Jean-Marie Cuvelier (à droite) : « Les gens attendent qu'on leur conte des histoires... » (Photo Th. Rogé) DIX ANNÉES DE JOUTES VERBALES C'est en 1984, dans les halles de Schaerbeek, qu'est née l'étincelle des mots livrés au hasard. Une patinoire et quelques passions : la ligue d'impro belge était née. Depuis, elle a fait chavirer le cœur de près de 200.000 personnes dans les salles du Mirano Continental et du Cirque royal. Cent vingt comédiens professionnels ont apporté leur contribution à quelque 2.500 thèmes. Le point culminant de ce sport théâtral ? Sans aucun doute la Coupe du monde organisée à Bruxelles en 1990 et remportée par l'équipe belge. Aujourd'hui est venu le moment de la gestion en toute maturité d'un phénomène qui se veut plus durable qu'une mode. Pour commémorer l'événement, quelques matches un peu particuliers seront organisés durant le mois de mars. Le dimanche 6, des échanges d'une durée particulière de dix heures (de 14 h à minuit) verront vingt joueurs - deux fois dix - s'affronter pour la gloire d'un anniversaire. Le lendemain, l'équipe belge affrontera une sélection des meilleures équipes françaises. Le dimanche 13, l'impro deviendra ciné, les matches étant lancés sur des catégories « dessin animé », « western » ou encore « à la manière de Michel Audiard ». Le lendemain, match femmes-hommes. Les 20, 21 et 29 du mois, la Belgique affrontera le Québec. Et le 31, ce sera au tour d'une sélection de la Communauté européenne. O.M. Rens. : Improphone, 077/346.396.
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