Jean-Pierre Mels · Directeur du Mirano Continental · « metteur en fête »
Une confrontation amicale
La rencontre n'a pas été sans frictions, et il serait malhonnête de l'écrire autrement. Jean-Pierre Mels venait d'une culture des années 80, très ouverte musicalement ; Carl De Moncharline arrivait avec la house, la techno, l'énergie et l'assurance d'une rupture musicale qui n'acceptait pas de partage avec d'autres courants. Il y a eu des tensions, celles qui se jouent entre un fils et une figure paternelle, quand on veut imposer sa vision dans une maison qui en avait déjà une.
Jean-Pierre Mels n'a jamais claqué la porte. Il écoutait, il encaissait, il restait bienveillant, et il laissait passer la nouvelle génération. Avec le recul, Carl De Moncharline sait ce que cela demandait de générosité et de hauteur de vue. On ne remercie jamais assez ceux qui nous laissent nous tromper sans nous lâcher la main.
Restait un terrain d'entente que rien n'a jamais entamé : le live et le jazz. En 2000, interrogé par Le Matin sur son regard sur la nuit, Jean-Pierre Mels citait le StudioLive du Who's Who's Land - « Quand j'arrive au Studio-live et que je vois les musiciens, j'adore. J'éprouve le même engouement qu'il y a 20 ans. » Dans le même entretien, il parlait de sa passion pour la peinture et le jazz, de la programmation musicale qu'il avait travaillée au Cyber Théâtre et de son envie d'ouvrir un club de jazz. C'est exactement le terrain sur lequel les deux hommes se sont toujours retrouvés.
Plus de trente ans plus tard, les deux hommes sont toujours en contact. L'amitié et le respect sont restés intacts. C'est peut-être la plus belle preuve que ces confrontations n'ont jamais entamé l'affection.