Le Truc-Troc, 1975-1976 : l'art contre le troc

    Mon De Rijck · Mon De Rijck, père de Carl

    Concept : l'art contre le troc

    Le 14 juin 1975, Mon De Rijck et Charline Mahy présentent au Château Malou à Woluwe-Saint-Lambert le premier Truc-Troc : environ deux cents artistes exposent des œuvres échangeables contre n'importe quel objet ou service, jamais contre de l'argent. La presse salue une « première mondiale ».

    Pour réagir contre la spéculation sur l'art, écrit le magazine Spécial, la Galerie de Prêts d'œuvres d'art (neuf cents œuvres en stock, trois cents artistes) organise l'opération : « Revenir au troc, c'est jeter les bases d'un bouleversement de la société. L'artiste donne l'exemple. »

    Le règlement du « marché d'échange » tient en huit articles : aucune opération financière sous quelque forme que ce soit, nombre de propositions illimité, échange définitif en cas d'accord réciproque, chaque proposition discutée avec l'artiste, aucune cotation officielle prise en compte, œuvres échangées dans l'état et transport à charge de l'acquéreur. Chaque visiteur remplit un formulaire et le dépose dans l'urne : « la Galerie fait le reste ».

    Parmi les propositions reçues : un voyage pour deux au Japon, un séjour en Corse, une voiture Skoda, un violon offert par Lola Bobesco, un vélo d'Eddy Merckx.

    L'année suivante, du 7 au 27 octobre 1976, la Galerie de prêt d'œuvres d'art du Château Malou reconduit l'opération : soixante artistes et quelque deux cents peintures et sculptures sélectionnées, échangeables contre les objets les plus hétéroclites avec l'accord des artistes.

    Sources : Spécial n° 545 (10 septembre 1975) · Claude Muyls (1975) · coupures de presse 1976

    1975 - Proposition d'échange déposée pour l'œuvre n° 21 de Joan Martí, écrite au dos d'une carte postale : « Plus froid que tout frigo, plus terne que la moins perfectionnée des télé-couleurs, je n'ai rien à offrir en échange. Rien dont la valeur marchande égale ces produits de la société de fabrication, de consommation et de gaspillage dans laquelle nous vivons. Mais je tiens cependant à dire bravo à Joan Martí et à lui redire ma sympathie. » Signé Georges-Marie Matthijs, Bruxelles. Archives familiales.