Mon De Rijck · Mon De Rijck, père de Carl
Sculptures
Taille directe du marbre blanc de Carrare et fonte à la cire perdue du bronze : la seconde moitié de l'œuvre de Mon De Rijck se joue dans ces deux matières. Le vocabulaire formel est constant : volumes pleins et fermés, arêtes adoucies, ligne serpentine qui enroule le corps sur lui-même, alternance de surfaces polies au miroir et de zones laissées brutes ou martelées, où la trace de l'outil reste lisible. La figure humaine, presque toujours féminine, y est ramenée à l'essentiel : un galbe, un mouvement d'élévation, un repli.
Pour travailler ce marbre blanc, Mon De Rijck a vécu une dizaine d'années en Italie, dans le petit village d'Ortonovo, à quelques kilomètres des carrières de Carrare. Cette immersion lui permettait de suivre la pierre du bloc brut à l'œuvre achevée.
La commande de « De Liefdesborre » (« La fontaine d'amour ») naît d'un legs : en 1943, le négociant François De Roy décède sans enfant et lègue 150 000 francs à la commune de Schaerbeek pour l'érection d'un monument figurant la légende de la fontaine d'amour. Ce n'est qu'en 1986 que la commune lance le concours ; entre-temps, la somme a été capitalisée et atteint 900 000 francs. Le jury choisit le projet de Mon De Rijck représentant la jeune Herlinde se jetant et se noyant dans la fontaine à la suite d'un chagrin d'amour. L'œuvre est inaugurée le 26 mai 1988 au parc Josaphat. Selon la légende, au Moyen Âge, la noble Herlinde aimait le chevalier Théobald ; quand celui-ci dut partir pour ses devoirs de chevalier, elle continua à se rendre près de la source, jusqu'à s'y jeter le cœur brisé. Par la suite, la fontaine resta le rendez-vous privilégié des amoureux : boire ensemble l'eau de la source suffirait, dit-on, à les unir dans l'année. (Sources : archiviris ; Patrick Derom, Les sculptures de Bruxelles. Catalogue raisonné, Patrick Derom Gallery, Bruxelles, 2002, p. 114.)
Les pièces majeures jalonnent ce parcours : « Poging tot geestelijke verheffing » (« Tentative d'élévation spirituelle ») à Anvers, « De Liefdesborre » (« La fontaine d'amour ») au parc Josaphat, « de gevleugelde muze » (1993), ainsi que le prototype de sculpture solaire présenté en 1986. Les œuvres monumentales sont conçues pour l'espace public : socle bas, plusieurs points de vue, dialogue avec la lumière naturelle et, pour la fontaine, avec l'eau.
Les archives familiales conservent des photographies de ses pièces ainsi qu'une esquisse préparatoire ; les lieux, dates et provenances de plusieurs d'entre elles restent à identifier. D'autres photographies rejoindront ce chapitre au fur et à mesure de leur numérisation.
Malheureusement, Carl De Moncharline n'a pas pu retrouver le nom qui correspond à chaque sculpture, sauf pour certaines d'entre elles. En raison de la mauvaise qualité de certains clichés, certaines photographies ont nécessité un travail de restauration par son fils, qui connaît très bien l'œuvre de son père, pour rester le plus fidèle possible à son travail.
Une liste dactylographiée de 1989 reprend 22 de ses sculptures, de « En chaque homme sommeille la femme et vice-versa » (1979) à « Offrande » (1988), avec pour chacune l'année, la matière (bronze, étain ou marbre), les dimensions et le prix de l'époque en francs belges, décliné en mensualités sur 60 mois : la sculpture restait ainsi accessible, fidèle au combat de toute une vie pour démocratiser l'art.
Sources : Archives familiales · CV de Mon De Rijck
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Si vous possédez une sculpture de Mon De Rijck, qu'elle résulte d'un achat, d'une succession ou d'un don, Carl De Moncharline serait honoré de l'accueillir dans cet album. Pour contribuer à la connaissance de l'œuvre, transmettez une photographie accompagnée du titre, de la date et de la technique. Chaque sculpture documentée enrichit le catalogue de l'atelier.
Transcription du document
Liste des œuvres (1989) - année, matière, dimensions, prix et mensualité sur 60 mois, en francs belges :
1. « En chaque homme sommeille la femme et vice-versa » - 1979, bronze, 64 x 40 x 30 - 220.000 FB (3.887 FB/mois)
2. « La balle de fusil » - 1979, bronze, 24 x 08 x 10 - 55.000 FB (973 FB/mois)
3. « La serpe » - 1980, bronze, 52 x 14 x 22 - 120.000 FB (2.120 FB/mois)
4. « La mort génératrice de vie » - 1981, bronze, 35 x 30 x 25 - 140.000 FB (2.483 FB/mois)
5. « La dépression après la délivrance » - 1981, bronze, 18 x 27 x 31 - 120.000 FB (2.120 FB/mois)
6. « La vague » - 1981, bronze, 21 x 40 x 22 - 120.000 FB (2.120 FB/mois)
7. « Au début il y avait quoi ? » - 1981, bronze, 16 x 32 x 27 - 120.000 FB (2.120 FB/mois)
8. « Huis clos » - 1981, étain, 17 x 40 x 37 - 120.000 FB (2.120 FB/mois)
9. « Ceci est mon corps » - 1982, bronze, 16 x 30 x 30 - 120.000 FB (2.120 FB/mois)
10. « Simulacre d'une rencontre » - 1982, étain, 09 x 12 x 14 - 35.000 FB (619 FB/mois)
11. « Sauve qui peut » - 1982, bronze, 10 x 25 x 15 - 45.000 FB (795 FB/mois)
12. « Le bon sens » - 1982, bronze, 08 x 16 x 10 - 35.000 FB (619 FB/mois)
13. « Les mauvaises langues » (sculpture solaire) - 1982, étain, 23 x 43 x 28 - 240.000 FB (4.240 FB/mois)
14. « Le replis des amoureux » - 1982, marbre, 29 x 46 x 28 - 165.000 FB (2.915 FB/mois)
15. « L'attente » (Fabienne) - 1983, bronze, 35 x 30 x 15 - 120.000 FB (2.120 FB/mois)
16. « La prison mobile » (Fabienne) - 1983, bronze, 24 x 34 x 30 - 120.000 FB (2.120 FB/mois)
17. « La fontaine d'amour » (Fabienne) - 1983, marbre, 56 x 40 x 24 - 165.000 FB (2.915 FB/mois)
18. « L'apprentissage des degrés » - 1986, bronze, 27 x 22 x 20 - 100.000 FB (1.767 FB/mois)
19. « Tentative d'élévation spirituelle » - 1986, marbre, 46 x 33 x 30 - 165.000 FB (2.915 FB/mois)
20. « Le grand silence » (Annick) - 1987, bronze, 23 x 36 x 34 - 120.000 FB (2.120 FB/mois)
21. « Lucy » (Annick) - 1987, marbre, 30 x 110 x 55 - 375.000 FB (6.625 FB/mois)
22. « Offrande » (Annick) - 1988, bronze, 19 x 45 x 30 - 120.000 FB (2.120 FB/mois)