Mon De Rijck · Mon De Rijck, père de Carl
« Lettre à papa » : le portrait dressé par ses enfants
Né à Ninove le 30 janvier 1943, Mon De Rijck a mené une vie non conventionnelle, entre sa péniche – lieu de vie et atelier naviguant sur les canaux de Belgique, du Zennegat à Anderlecht, Alost, Tubize ou Bruxelles –, sa maison rue Gaucheret à Bruxelles (construite d'après lui par Alphonse Balat), l'Italie, à Ortonovo face à Carrare, et les rivages de Blankenberge.
Homme libre d'esprit et foisonnant d'idées, il s'est battu pour l'art et pour sa démocratisation : le Mécénat Démocratique en 1970 (rejoint par 500 artistes), puis, avec son ami cinéaste Pierre Levie, le « prêt d'œuvre d'art » au Château Malou, le Truc-Troc, la fondation Art-Pool, et enfin l'exposition « Tabula-rasa », où il décide de donner toutes ses œuvres par une astucieuse tombola. Il a aussi œuvré à l'apprentissage de l'art auprès des personnes démunies du centre psychiatrique de Lovenjoel.
Il menait de front plusieurs métiers : fondeur – il a coulé un pouce de César et des sculptures de Georges Minne, épaulé par son mécène Marcel Boulanger –, sérigraphe pour de nombreux artistes (Camille de Taeye, Delcol, Chantal Declève, …), sculpteur dans la terre, la pierre et les métaux, dessinateur, mais aussi poète et auteur de pensées, dont les « Quelques petites pensées pour mes petits pourceaux » dédiées à ses enfants.
Père de neuf enfants, il transformait parfois la péniche en galerie d'exposition, accompagnée de la flûte traversière de son ami Marc Grauwels. Ses poumons, abîmés par la fonderie, la poudre de marbre et le tabac, l'ont trahi le 28 juillet 2021. Au lendemain de sa mort, ses enfants ont composé cette lettre pour, disaient-ils, « parler d'une même voix » : un document d'archive familiale dont sont tirés les éléments biographiques de cette page.
Sources : « Lettre à papa », août 2021 - archives familiales (versions revues par Camille, Maud et Joan)